Climat : "Il y a trop peu d'actions sur le terrain !", dénonce Mike Horn

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Mike Horn a effectué plusieurs missions dans l'Arctique.
Mike Horn a effectué plusieurs missions dans l'Arctique. © Anne-Christine POUJOULAT / AFP
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De nouvelles marches pour le climat sont organisées dimanche partout en France pour dénoncer le projet de loi Climat, considéré comme trop superficiel par les associations. Sur Europe 1 dimanche matin, l’explorateur Mike Horn a témoigné des changements climatiques qu’il a pu observer lors de ses expéditions au pôle Nord. Il a demandé plus d’actions concrètes.
INTERVIEW

L’Assemblée nationale a adopté mardi en première lecture le projet de loi Climat. Décrié par la gauche et les écologistes, il est aussi jugé insuffisant par les associations de défense du climat. 567 organisations ont ainsi appelé à la manifestation dimanche. "A un moment, on doit arrêter de parler. Il y a trop peu d'actions sur le terrain !", a dénoncé l’explorateur Mike Horn, dimanche matin sur Europe 1.

"Dans moins de 15 ans, on pourra voir l'Arctique sans glace pendant l'été"

L’aventurier, qui a parcouru toutes les terres et toutes les mers du monde, a aussi voulu témoigner du changement climatique qu’il a pu constater de ses propres yeux. "En 2006, quand j'ai quitté la Russie pour faire ma première expédition hivernale vers le pôle Nord, j'ai vu en arrivant là-bas que la glace mesurait 2 mètres 50 d'épaisseur. Quand j'y suis retourné l'année dernière, la glace faisait seulement 8 centimètres", a-t-il raconté. "Je pense que dans moins de 15 ans, on pourra voir l'Arctique sans glace pendant l'été", alerte-t-il ensuite.

La montée des eaux a ensuite des conséquences sur les animaux, qui voient leur habitat disparaitre. "En 2006, j'ai croisé des ours polaires. Puis pendant ma dernière traversée, qui a duré 130 jours, on en a vu une fois seulement", continue Mike Horn. La disparition de la glace empêche également les ours de chasser les phoques qui s’y reposent.

"Notre planète n'est plus vraiment en équilibre"

L’autre conséquence néfaste de la fonte des glaces, c’est la libération de carbone dans l’air. "Dans l'Arctique, il y a beaucoup de permafrost (terme géologique pour désigner le sol qui doit normalement se maintenir en dessous de 0°C et donc rester gelé, ndlr) qui dégèle. Dans ces permafrosts, il y a du carbone, capturé depuis des millions d'années. Mais avec le permafrost qui fond… Et à travers ses activités, l’homme ajoute aussi du carbone. Il faut se dire que notre planète n'est plus vraiment en équilibre", a expliqué Mike Horn.

Inspiré des travaux de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) voulue par Emmanuel Macron, le projet gouvernemental comprend une batterie de mesures, comme la suppression de certaines lignes aériennes intérieures en cas d'alternatives de moins de 2h30 en train, la création d'un délit d'écocide ou l'interdiction de la mise en location des logements passoires thermiques en 2028. Malgré "quelques avancées", des ONG du Réseau action climat ont dénoncé un "formidable gâchis".

Europe 1
Par Léa Leostic