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Arthur Helmbacher, édité par Romain David , modifié à
Derrière les Afghans, les ressortissant géorgiens et albanais sont les plus nombreux à déposer des demandes d'asile. Ces deux pays sont pourtant considérés comme "sûrs" par la France. 
ENQUÊTE

Géorgiens et Albanais sont à présent les deuxième et troisième contingents de ressortissants étrangers à demander l’asile en France derrière les Afghans. Ils viennent pourtant de pays considérés comme "sûrs" par les autorités, et d’ailleurs, plus de neuf fois sur dix, leurs demandes sont déboutées. Dans la majorité et au gouvernement, des voix estiment que certains d’entre eux viennent uniquement pour se faire soigner. Europe 1 est allé à la rencontre de ces migrants.

"C’est pour ça que je suis là !"

Karina vit dans une minuscule chambre d’hôtel où elle et son fils handicapé sont logés depuis un an. Elle assume : c’est pour bénéficier de l’offre française de soins qu’ils sont venus, et uniquement pour ça. Le système de santé français lui a notamment permis d’acquérir un fauteuil roulant électrique, entre autres, pour son enfant qui souffre d’une paralysie cérébrale. "Chez nous, en Géorgie, mon fils a été opéré deux fois, mais maintenant il est paralysé. Ce sont les médecins géorgiens qui m’ont dit qu’en venant en France, il y avait possibilité pour lui d’être soigné, et réopéré. C’est pour ça que je suis là !", explique-t-elle à Europe 1.

L'excellence de la médecine française plus attractive que sa gratuité

"Les soins ne me coûtent rien, tout est gratuit. En Géorgie, j’aurais dû au moins payer 3.000 euros", poursuit Karina. "Mais je ne suis pas venue pour la gratuité. En Géorgie, nous avons une bonne situation, c’est une question de compétence. Ici, les médecins sont bien meilleurs", assure cette mère.

Karina a eu accès aux soins pour son fils simplement en déposant une demande d’asile, comme peuvent le faire les réfugiés de guerre venus de Syrie ou d’Afghanistan, ce qui ouvre automatiquement le droit à une couverture médicale. Il arrive que certains migrants inventent des récits d’homosexualité réprimée ou de mafia pour rentrer dans les clous de l’asile.

Des situations médicales critiques

Nous avons également rencontré Claudian, qui souffre d’hydrocéphalie. Cet Albanais est accompagné par la bénévole Brigitte Cahen, qui nous fait l’inventaire des soins gratuits dont il bénéficie : "un suivi neurologique, un suivi par un orthopédiste, deux scanners, un IRM… Et maintenant, l’opération est en attente des résultats de cet IRM", énumère-elle. "Quand les limites de la loi ont été atteintes, on leur dit de rentrer chez eux. Mais là, il y a avec Claudian une telle nécessité médicale visible qu’il faut aller au bout. La France serait indigne de refuser une situation comme celle-ci", soutient cette bénévole.

Fin septembre, le président de la République avait estimé au micro d’Europe 1 que la France était devenue "trop attractive", a estimé fin septembre. Sur le terrain, les agents admettent qu’"il y a une faille dans le droit d’asile". Le système a été perverti, explique-t-on, avec des gens qui ne sont ni menacés, ni persécutés, mais qui utilisent tous les moyens que l’administration met à la disposition des réfugiés.