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avec AFP , modifié à
Les pêcheurs français ont annoncé le blocage de ports et d'Eurotunnel en France pour les marchandises vendredi. Ils mettent ainsi leur menace à exécution, alors que 150 bateaux de pêche français à encore attendre le feu vert de Londres pour continuer leur exploitation dans les eaux anglaises réputées plus poissonneuses, comme cela avait été conclu dans les accords du Brexit. 

Ils mettent leur menace à exécution. Excédés par l'attitude du Royaume-Uni, les pêcheurs français avaient annoncé leur intention de mettre la pression sur les Britanniques, et ils s'apprêtent à le faire. Ils ont en effet annoncé ce jeudi le blocage dès vendredi matin des accès à trois ports de la Manche et au tunnel sous la Manche pour les marchandises, une journée d'action présentée comme "un coup de semonce" pour exiger l'octroi rapide par le Royaume-Uni de licences de pêche post-Brexit.

Saint-Malo, Ouistreham et Calais

Les pêcheurs bloqueront en mer l'arrivée des ferries dans trois ports de la Manche : Saint-Malo, Ouistreham et Calais. Sur terre, ils bloqueront également l'accès des camions de marchandises au terminal fret du tunnel sous la Manche pendant "quelques heures", a déclaré Gérard Romiti, le président du comité national lors d'une conférence de presse. "Nous ne voulons pas l'aumône, nous voulons seulement récupérer nos licences", a-t-il dit.

L'objectif de ce "coup de semonce" est de faire pression sur l’UE pour forcer les Britanniques à accorder les licences de pêche conformément aux accords du Brexit, ils sont encore 150 bateaux de pêche français à attendre le feu vert de Londres pour continuer leur exploitation dans les eaux anglaises. "Le but est de demander à la Commission de prendre ses responsabilités et de faire respecter l’accord. Ensuite, il est de prévenir Boris Johnson et de lui dire 'Attention vos pêcheurs ont accès au marché européen, je ne vois pas pourquoi nos bateaux n’auraient pas accès aux eaux britanniques. Donc maintenant vous faites ce qu’il faut pour faire respecter l’accord'", expliquait il y a quelques jours au micro d'Europe 1 Olivier Leprêtre, le président du comité régional des pêches à Boulogne-sur-Mer.

150 licences manquantes

En vertu de l'accord de Brexit signé fin 2020 entre Londres et Bruxelles, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans les eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu'ils y pêchaient auparavant. Mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l'ampleur des justificatifs à fournir. Au total, depuis le 1er janvier 2021, la France a obtenu "plus de 960 licences" de pêches dans les eaux britanniques et des îles anglo-normandes, mais Paris réclame encore plus de 150 autorisations, selon le ministère français de la Mer.