Bac : les hypothèses du gouvernement pour les épreuves de mars si l'épidémie s'emballe

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Bouleverser les épreuves du bac prévue à la mi-mars serait un véritable casse-tête. © FREDERICK FLORIN / AFP
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Anticipant une évolution de la situation sanitaire qui obligerait à bouleverser le déroulé du baccalauréat 2021, le gouvernement peut modifier les règles de l'examen jusqu'à quinze jours avant le début des épreuves. Du report pur et simple au passage en contrôle continu, Europe 1 se penche sur les hypothèses pour les épreuves de spécialité prévue à la mi-mars.

En cette deuxième semaine de vacances scolaires - et peut-être de révisions pour certains élèves de terminale -, l'heure est à l'inquiétude autour du baccalauréat. En fonction de l'évolution de l'épidémie de Covid-19, et d'un potentiel troisième confinement, le bac 2021 sera modifiable jusqu'à quinze jours avant le début des épreuves prévues en mars 2021. Une ordonnance parue le 24 décembre autorise en effet le gouvernement à modifier les règles jusqu'à la toute dernière minute. 

Trois scénarios

Plusieurs hypothèses sont sur la table du gouvernement, alors que le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer va assister au Conseil de défense sanitaire prévu ce mardi. Car la rentrée scolaire et le bac sont deux sujets politiques majeurs. Et les deux sont liés : si les lycées ne peuvent reprendre en "tout présentiel" le 20 janvier, comme annoncé par Emmanuel Macron fin novembre, il y a peu de chances que les épreuves du bac soient maintenues en l'état, comme le souhaite Jean-Michel Blanquer. 

Le gouvernement a donc trois scénarios dans le cas où les épreuves de spécialité prévues à la mi-mars pour les élèves de terminale ne peuvent se tenir normalement. Le premier est un report pur et simple des épreuves en juin. Mais ce scénario semble peu crédible, puisqu'il chamboulerait toute l'année scolaire. Deuxième hypothèse, faire passer les épreuves à distance, à l'instar de ce qui a été fait dans certaines universités. Ici, c'est l'inégal accès des lycéens à un ordinateur qui pose problème. 

Reste alors la troisième solution, la plus crédible : le contrôle continu. Mais ce serait un véritable crève-cœur pour Jean-Michel Blanquer qui a porté à bout de bras la réforme du bac. 

Par ailleurs, selon l'entourage du ministre, une seule épreuve pourrait être conservée en l'état malgré une aggravation de la situation sanitaire : le grand oral. Une épreuve qui fait office de rite de passage pour matérialiser le bac. Les Premières pourront peut-être également passer l'oral du bac de français dans des conditions normales. Les décisions seront prises la semaine prochaine, le temps d'avoir des remontées des cas de contamination pendant les fêtes.

Le casse-tête des dossiers Parcoursup

Mais un bouleversement des épreuves de mars entraîneraient de nombreux problèmes, notamment pour Parcoursup. Car l'idée, cette année, était d'intégrer les notes des épreuves de mars dans le dossier de sélection de Parcoursup. Mais que faire s'il n'y en a pas ?

Ne renseigner aucune note, ce serait aller contre la philosophie même de la réforme du bac, repensée en continuité avec Parcoursup. Reste alors la possibilité de mettre d'autres notes : une hypothèse serait d'en créer deux en contrôle continu sur les deux épreuves de spécialité. 

Chambouler les épreuves du bac serait dans tous les cas un véritable casse tête, qui doit trouver une solution à la fois politique et technique avant le 8 avril, date de fin de formulation des vœux dans le logiciel de Parcoursup.

Europe 1
Par Virginie Riva, édité par Ugo Pascolo