Augmentation des suicides en prison : Eric Dupond-Moretti lance une enquête

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82 détenus ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier, déjà dix de plus qu'en 2019. 1:39
82 détenus ont mis fin à leurs jours depuis le 1er janvier, déjà dix de plus qu'en 2019. © Dominique FAGET / AFP
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Le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, a lancé vendredi une mission d'inspection pour renforcer la prévention du suicide en prison et éclaircir les circonstances dans lesquelles un détenu des Baumettes, un ex-enseignant, s'est donné la mort début août. 

"Les chiffres sont mauvais : nous en sommes cette année à 82 suicides en prison... 82 suicides de trop." Vendredi, le ministre de la Justice, Eric Dupond-Moretti, a reçu la famille de Luc Viviani, ex-enseignant de 51 ans qui avait mis fin à ses jours le 2 août alors qu'il était en détention à la prison des Baumettes. Son avocate avait plusieurs fois mis en garde contre la tendance suicidaire de son client.

82 suicides depuis le 1er janvier, a précisé le ministre, c’est déjà 10 de plus qu'en 2019. Face à cette augmentation, le garde des Sceaux projette de recenser les outils de prévention du suicide en prison, notamment de suivi médical ou psychologique par exemple, mais aussi d'évaluer leur utilisation. Il a confié une mission d'évaluation à l'Inspection générale des affaires sociales et à celle de la justice. L'inspection devra comprendre comment le suicide de Luc Viviani a pu intervenir alors que les autorités avaient été alertées du risque. 

"La mission que j'ai demandée n'a pas pour but de nous faire un énième rapport : c'est la façon dont on appréhende les suicides de façon générale, comment on met en œuvre tout ce qui existe déjà pour éviter ces situations dramatiques", a précise Eric Dupond-Moretti.

L'Observatoire international des prisons attend "des décisions politiques"

A l'Observatoire international des prisons, Arnaud Gaillard se réjouit que le ministre de la Justice se penche sur les conditions de détention en France. "Le soin physique, mental, psychiatrique, la formation, le fait d'avoir des travailleurs sociaux qui vont aider à la sortie, toutes ces choses qui doivent être organisées mais qui sont mal organisées en France du fait du peu de moyens concourent au fait que les gens qui entrent en prison n'ont plus aucun horizon. D'où viendrait leur goût de la vie ?"

On attend des décision politiques, poursuit-il, rappelant que le taux de suicide au sein des prisons françaises est trois à quatre fois supérieur à ce que l’on observe dans le reste de l'Europe.

Europe 1
Par Marion Gauthier, édité par Laetitia Drevet