Attentat des Champs-Elysées : le père du tueur condamné à 10 mois ferme

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L'homme avait notamment vanté l'attentat de son fils (illustration).
L'homme avait notamment vanté l'attentat de son fils (illustration). © THOMAS SAMSON / AFP
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Le père du terroriste qui avait tué un policier sur les Champs-Elysées en avril 2017 a été condamné à 10 mois de prison ferme pour avoir vanté l'attentat et menacé des policiers.

Huit jours après le meurtre du policier Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées, il avait vanté l'attentat perpétré par son fils et menacé de mort des fonctionnaires : Salah Cheurfi, 66 ans, a été condamné vendredi à Bobigny à dix mois de prison ferme. Le soir du 28 avril 2017, ce petit homme au visage usé se rend devant le commissariat de Noisy-le-Grand, en Seine-Saint-Denis, où il "secoue les grilles pour ameuter le plus possible de policiers" et "vomit sa haine", a relaté la procureure, dont les réquisitions ont été suivies par le tribunal.

La souffrance du deuil et des problèmes d'alcool. Là, il lance que si son fils n'avait pas tué "ce pédé de Xavier", c'est lui-même qui "l'aurait fait". Puis il menace de mort plusieurs policiers ainsi que le maire de Chelles, en Seine-et-Marne, qui refuse, selon lui, d'inhumer son fils. Début janvier, le même tribunal l'avait déjà condamné à 18 mois de prison dont 12 avec sursis pour des propos faisant l'apologie du terrorisme, prononcés en présence de policiers qui venaient de l'interpeller pour conduite en état d'ivresse. Vendredi, le père de Karim Cheurfi s'est défendu laborieusement, invoquant la souffrance d'avoir perdu son fils unique et des problèmes d'alcool. "Mon fils, je pensais qu'il allait recommencer sa vie après avoir été incarcéré (il avait été condamné à 20 ans de prison pour tentative d'homicide sur un policier, ndlr)", a-t-il expliqué. "Je n'admets pas la manière dont il est parti", a-t-il insisté, évoquant les "13 balles" de la police qui l'ont "abattu" après qu'il a tué Xavier Jugelé, 37 ans, de deux balles dans la tête et blessé deux autres agents et une passante allemande. 

"Que des mots de haine". Mais, pour la procureure, "il n'y a pas de mots de douleur, que des mots de haine", alors que le conjoint de Xavier Jugelé, Etienne Cardiles, partie civile, avait eu des mots "d'amour et de paix" lors de l'hommage national qui avait été rendu à son mari à la préfecture de police de Paris. Le tribunal a également condamné Salah Cheurfi à verser de 900 à 2.000 euros à deux policiers, au maire de Chelles et à Etienne Cardiles, au titre du préjudice moral. "Je n'ai toujours pas de haine, juste la volonté de voir la justice faire son travail", a réagi le veuf de Xavier Jugelé après l'audience. "Je ne vois pas pourquoi je laisserais passer des propos aussi inacceptables".