Attentat de Nice : le père d'une jeune victime meurt "de chagrin"

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86 personnes avaient été tuées par un homme au volant d’un camion lancé à pleine vitesse sur la Promenade des Anglais, le 14 juillet 2016.
86 personnes avaient été tuées par un homme au volant d’un camion lancé à pleine vitesse sur la Promenade des Anglais, le 14 juillet 2016. © Valery HACHE / AFP
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L'homme, qui avait perdu son fils de 4 ans et son ex-femme lors de l'attentat de Nice, "n'était pas suicidaire, mais il se laissait mourir, il était tellement vide et attristé".

Tahar Mejri, qui avait perdu son fils de 4 ans et son ex-femme lors de l'attentat de Nice, le 14 juillet 2016, est "mort de chagrin" mercredi, selon ses proches, a rapporté vendredi l'association Promenade des Anges. "Une enquête a été ouverte par la police pour vérifier les causes du décès. Mais pour la famille il est mort de chagrin. S'il n'avait pas été musulman, il se serait suicidé", a témoigné Seloua Mensi, coprésidente de l'association d'aide aux victimes Promenade des Anges. "Il n'était pas suicidaire, mais il se laissait mourir, il était tellement vide et attristé".

"Il portait toujours son fils sur lui"

Après avoir constaté le décès d'Olfa, son ex-épouse tuée par le camion conduit par Mohamed Lahoueij-Bouhlel sur la promenade des Anglais à Nice, qui avait 86 morts, Taher Mejri avait erré pendant deux jours à travers la ville pour retrouver la trace de son fils, Kylan. Ce n'est que le 16 juillet, devant un des hôpitaux de la ville, qu'il avait appris la mort son enfant, laissant échapper sa douleur devant les médias.

"La dernière fois que ma famille et les fidèles de la mosquée de Nice l'ont vu, c'était à la prière de l'Aïd. Il portait un T-shirt avec son fils dessus. Il portait toujours son fils sur lui, ça nous faisait énormément de mal", a poursuivi Seloua Mensi, qui a perdu sa soeur aînée dans l'attentat. 

Tahar Mejri sera enterré en Tunisie

Tahar Mejri, 42 ans, "sera enterré aux côtés de Kylan, en Tunisie", a précisé Seloua Mensi : "S'il avait conservé son travail, il a néanmoins été plusieurs fois en arrêt. Il ne supportait pas la situation, il était extrêmement touché par la mort de son fils, il n'arrivait plus à rien faire". 

Sur Twitter, le maire LR de Nice, Christian Estrosi, s'est déclaré "bouleversé par cette nouvelle" : "Un drame qui se rajoute au drame du 14 juillet 2016. Les Niçois pensent à ses proches et #Nice06 lui rendra un hommage le 14 juillet prochain comme à toutes les autres victimes".