Attaque à la préfecture : "Il faut que l'habilitation secret-défense puisse sauter dès qu'il y a le moindre doute"

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Invité lundi d'Europe 1, le secrétaire national du Syndicat des commissaires de police a appelé à ce que "le courage soit le maître mot" sur la question des habilitations secret-défense. 
INTERVIEW

Quatre jours après la tuerie perpétrée à la préfecture de police de Paris, Christophe Castaner a fait part de son souhait que tout indice de radicalisation chez les forces de l'ordre "fasse l'objet d'un signalement automatique". Car la polémique ne cesse d'enfler, alors que l'auteur de l'attaque qui a fait quatre morts travaillait au sein de la préfecture et présentait des signes de radicalisation n'ayant pourtant pas fait l'objet d'un signalement formel. Invité jeudi d'Europe 1, David Le Bars, secrétaire national du Syndicat des commissaires de police (SCPN), appelle à ce que le courage "devienne le maître mot" sur la question des habilitations secret-défense. "Il faut que l’habilitation puisse sauter dès qu'il y a le moindre doute", demande-t-il. 

Pour le syndicaliste policier, qui juge "indécent" le "débat politique stérile" autour de la question de la démission éventuelle du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, il est nécessaire de revoir les processus de signalement d'éventuels signaux de radicalisation. "S'il y avait eu des signaux un peu plus clairs et des processus dans lesquels les policiers peuvent s'engager en écrivant sans se retrouver sur des procès liés à la discrimination, ça aurait sans doute été fait", explique David Le Bars, qui rappelle que, dans la police, "les choses ne se font que si on écrit". 

"Ce n'est pas si simple de dire les choses"

Car Mickaël Harpon, qui travaillait au sein de la préfecture depuis 16 ans, "était installé, reconnu et apprécié", rappelle David Le Bars. Or, estime-t-il, "quand on a un collègue qui, peut-être, donne des signes de changement, ce n'est pas si simple de dire les choses". Pour le syndicaliste, un agent qui hésiterait à signaler des signes de radicalisation chez un collègue "doit pouvoir se dire qu'une fois qu'il a signalé les choses, ça va être pris en compte". Et David Le Bars de faire part de situations où "des agents ont pu être signalés, mais sont encore en poste, car il y a une frilosité". "On est au carrefour de la discrimination, du racisme, de certains procès qui guettent et qui font que les agents ne peuvent pas être seuls face à ce risque." Aussi, selon lui, "il faut que leur administration puisse les couvrir".

Alors que l'informaticien bénéficiait d'une habilitation secret-défense depuis 2003, le secrétaire national du Syndicat des commissaires de police appelle à ce que "le courage soit le maître mot" sur la question du retrait de ces habilitations. "Il va falloir accepter que ces processus-là sont discriminatoires, et que, quand il y a le moindre doute, l’habilitation puisse sauter."