Attaque au couteau à Trappes : "certains malades mentaux peuvent intégrer dans leur pathologie le fanatisme religieux"

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Invité vendredi d'Europe 1, le psychiatre Bernard Granger a rappelé que les personnes atteintes de problèmes psychiatriques pouvaient se nourrir de l'actualité. 

Quels étaient les motivations réelles de l'assaillant de Trappes ? Alors que le groupe Etat islamique a revendiqué l'attaque au couteau qui a fait deux morts et un blessé, jeudi, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a lui mis en avant les "problèmes psychiatriques importants" de l'homme qui a été abattu par les forces de l'ordre. 

Les psychiatres s'opposent "à la psychiatrisation du terrorisme". Invité d'Europe 1, Bernard Granger, professeur de psychiatrie à l’Université Paris-Descartes et psychiatre à l’hôpital Cochin à Paris, a rappelé que "certains malades mentaux se nourrissent de l’actualité, des faits auxquels ils assistent et peuvent intégrer dans leur pathologie des éléments comme le terrorisme ou le fanatisme religieux". 

Ainsi, le psychiatre, rappelant que la profession s'oppose " à la psychiatrisation du terrorisme", estime qu'"assimiler le fait d'être fiché S à une maladie mentale ou considérer que les psychiatres doivent jouer un rôle dans la prise en charge des fichés S nous paraît être une aberration". 

"Séparer le sanitaire de ce qui relève de la justice". Interrogé sur la possibilité pour les psychiatres d'alerter la police s'ils ont connaissance d'éventuelles sympathies djihadistes de leurs patients, Bernard Granger estime que "chacun doit faire son métier. Nous, on doit prendre en charge les troubles mentaux, et la police doit prendre en charge ceux qui commettent des délits et des crimes". 

"On aimerait bien que les psychiatres puissent informer les autorités. C'est un sujet très délicat. Il faut être très prudent et séparer le sanitaire de ce qui relève de la justice et de la police". En revanche, précise-t-il, "on a le devoir d'hospitaliser le patient" en cas de connaissance de projets meurtriers par exemple, "car il y a risque de trouble à l'ordre public". Et, ajoute-t-il, "cela passe par les autorités administratives, avec des procédures déjà en place".