Anne Soupa, candidate à l’archevêché de Lyon : "L’Eglise ne tournerait pas sans les femmes"

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© JEFF PACHOUD / AFP
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Une théologienne de 73 ans a décidé de se porter candidate au poste laissé vacant par le cardinal Barbarin à Lyon. Anne Soupa sait qu’elle n’a aucune chance, mais elle souhaite faire bouger les lignes à l’intérieur de l’Eglise. Et elle appelle les autres femmes à en faire de même.
INTERVIEW

Elle veut lutter contre "l'invisibilité" des femmes dans l'Eglise catholique. La théologienne Anne Soupa, une femme, donc, se porte candidate à l'archevêché de Lyon. Un siège laissé vacant après la démission du Cardinal Barbarin, embarrassé par l'affaire Preynat, prêtre accusé d'agressions sexuelles sur des enfants. Une candidature inhabituelle donc, d’autant que normalement, c’est le pape qui doit choisir parmi des noms qui lui sont proposés. Mais la théologienne de 73 ans veut "casser les codes", comme elle l'explique mardi matin sur Europe 1. Anne Soupa espère surtout une prise de conscience sur la place des femmes dans l'Eglise.

"L’Eglise ne tournerait pas sans les femmes. Ce sont les petites mains qui font tout. Mais il y a un plafond de verre, qui fait que vous n’avez aucune femme évêque", déplore Anne Soupa, qui se lance même si elle sait qu’elle n’a aucune chance d’être désignée. "Quand tout vous interdit, il faut prendre une initiative. Je lance vraiment un appel pour que les autres femmes qui ont envie de candidater à quelque chose le fasse."

"L’Eglise de France ne peut pas continuer comme ça"

Si la théologienne se porte ainsi candidate, c’est surtout pour que les choses changent. "L’Eglise de France ne peut pas continuer comme ça", plaide Anne Soupa. "Le diocèse de Lyon est emblématique d’un problème de gouvernance. Quatre archevêques de suite n’ont pas vu le problème des abus", rappelle-t-elle.

D’où cet appel à faire bouger les lignes. "Juste au moment où on s’apprête à nomme un énième évêque issu du même moule clérical, est-ce que ce n’est pas le moment de dire ‘il pourrait y avoir une autre gouvernance’ ?", s’interroge-t-elle. "On pourrait s’y prendre autrement."

Europe 1
Par Joanna Chabas, édité par Rémi Duchemin