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Diane Berger, édité par Manon Fossat , modifié à
En Seine-et-Marne, une enseignante a été poussée à terre par un élève de Combs-la-Ville. Une scène filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, qui a choqué les élèves et les membres de l'établissement. Trois lycéens ont été placés en garde à vue. Invité d'Europe 1, le président du Syndicat national des lycées et des collèges appelle à privilégier les structures adaptées pour certains élèves violents.

Une enseignante a été bousculée et renversée vendredi par un de ses élèves du lycée Jacques Prévert, à Combs-la-Ville, en Seine-et-Marne. En plein cours, un élève a en effet décidé de quitter la classe et s'en est pris à son enseignante, qui tentait de l'en empêcher. Une scène filmée et postée sur les réseaux sociaux par d'autres élèves de la classe. Une réunion de crise s'est donc tenue ce lundi matin et des représentants de l'Education nationale sont venus rencontrer le personnel et l'enseignante agressée. Dans la soirée, trois lycéens ont été placés en garde à vue.

"Je ne pensais pas que ça irait aussi loin"

Dans la cour, le proviseur a réuni les élèves afin de revenir sur le drame qui a eu lieu juste avant le week-end. Un suivi psychologique va être mis en place, car dans ce lycéen, certains sont très choqués par ce qu'ils ont vu sur les réseaux sociaux. C'est le cas de Raphaël, élève dans une autre classe. "Il la pousse et un seul élève se lève. Ca m'a choqué. Les 24 autres élèves n'ont rien fait. Je ne m'y attendais pas, on a déjà eu des bagarres ici mais je ne pensais pas que ça irait aussi loin", assure-t-il.

Un événement gravissime selon Valérie Debuchy, directrice des services de l'Education nationale de Seine-et-Marne. Elle l'assure, deux plaintes seront déposées par l'enseignante et le proviseur. La première contre l'agresseur, la seconde contre ceux qui ont diffusé la vidéo. "Nous souhaitons vraiment qu'il n'y ait aucune impunité et que l'on puisse montrer que l'école de la République ne peut pas être déstabilisée par des phénomènes aussi intolérables. Je pense que la vidéo qui a tourné est sans appel et a choqué bien au-delà de la communauté éducative", explique-t-elle. 

Certains "ont besoin d'autre chose que le système classique"

L'agresseur a quant à lui été immédiatement exclu du lycée en attendant son conseil de discipline. Majeur, il redouble actuellement sa terminale et avait déjà eu des problèmes de comportement quand il était en seconde. Pour Jean-Rémi Girard, président du Syndicat national des lycées et des collèges (SNCL) et invité d'Europe Midi lundi, il n'est pas étonnant que le jeune homme ait récidivé. "C'est assez rare qu'un élève très calme envoie tout d'un coup une porte au visage d'un professeur", juge-t-il.

Avant d'en arriver là, plusieurs dispositions doivent prises par les établissements. "Généralement on passe par le dialogue, il peut y avoir des commissions éducatives, des punitions données par les enseignants, des sanctions du chef d'établissement. Mais à un moment, on a une partie des élèves qui sont ingérables et très compliqués en communauté, donc il faut aller jusqu'à l'exclusion définitive de l'établissement", assure-t-il encore. "Il y a certains élèves à qui l'on n'arrive pas à faire cours, il faut le reconnaître, et accepter qu'ils ont besoin d'autre chose que le système 'classique'", a poursuivi Jean-Rémi Girard. 

La solution des micro-lycées

Selon lui, l'Education nationale est en effet confrontée à un dilemme. "L'école n'est pas le lieu de l'individualité. C'est le lieu du collectif et on doit protéger l'ensemble des élèves. Donc il faut dire stop et privilégier des structures adaptées comme les micro-lycées par exemple. Le problème c'est que ça coûte beaucoup d'argent et qu'il faut beaucoup d'encadrement adulte pour très peu d'élèves. Et à l'arrivée, ce sont des structures extrêmement rares", a regretté le président du SNCL.

Le recteur de l'académie de Créteil, Daniel Auverlot, a déclaré dans ce communiqué "condamner avec la plus grande fermeté cet acte isolé" et a assuré à l'enseignante et à l'équipe pédagogique son "soutien plein et entier".