Adolescente tuée par un train : la SNCF condamnée en appel à Caen

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En première instance, la SNCF avait été relaxé. Image d'illustration.
En première instance, la SNCF avait été relaxé. Image d'illustration. © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP
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SNCF Mobilités a été condamnée à une amende de 50.000 euros pour homicide involontaire et doit verser 140.000 euros de dédommagement à la famille.

SNCF Mobilités a été condamnée vendredi en appel à Caen à une amende de 50.000 euros pour homicide involontaire après la mort d'une jeune fille de 17 ans, tuée par un train alors qu'elle traversait une voie sur un passage aménagé, dans une petite gare normande en 2010. La cour infirme ainsi un jugement du tribunal correctionnel de Caen qui avait pénalement relaxé le 7 février 2017 la société. La cour a également condamnée SNCF  Mobilités sur le plan civil à payer 140.000 euros de dédommagement à la famille de la jeune fille. En première instance, la SNCF avait été condamnée à payer 65.500 euros.

"Mon combat n'est pas financier". "Mon combat n'est pas financier. Il est en mémoire de ma fille et de tous les autres qui se font aussi faucher, Nicolas à Lille, Laurine en Ile-de-France. Il n'y a pas que Justine. Ça continue", a réagi Sandrine Collette, la mère de la victime devant la presse, après l'énoncé de l'arrêt. Le 2 juillet 2010, l'adolescente avait été, selon les termes de sa mère à la barre, "broyée" par un train qui traversait la halte d'Audrieu, dans le Calvados, à 147 km/h. La bachelière venait de descendre d'un autre train et voulait rejoindre son petit ami venu la chercher.

Lors de l'audience en appel, SNCF Mobilités avait plaidé la relaxe. La société avait reconnu des "torts" : un seul panneau signalait le danger que représentait le croisement de train, alors que la réglementation en prévoyait deux, et ce panneau était un peu plus petit qu'exigé. Mais un deuxième panneau "n'aurait rien changé" dans ce cas, avait estimé Julien Dreyfus, l'avocat de SNCF Mobilités. Il avait fait valoir que la jeune fille avait été imprudente, ce qui n'est pas démontré, selon le parquet général.

"Cette halte, tout le monde s'en foutait". "Cette halte était de notoriété publique dangereuse", avait estimé l'avocat de la partie civile Gabriel Sibout, rappelant que le CHSCT et des usagers avaient donné l'alerte. Une passerelle a depuis lors été construite. Et l'avocat de citer les déclarations d'un responsable de RFF (Réseau Ferré de France) aux enquêteurs : "Cette halte, tout le monde s'en foutait. Il y avait très peu de trains". RFF devenu depuis SNCF Réseau était aussi poursuivi mais a été relaxé en première comme en deuxième instance.