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avec AFP , modifié à
Les trois membres du groupe des "Dalton" ont été condamnés ce vendredi à Lyon a de la prise ferme ou avec du sursis pour un rodéo motorisé. Leur profil n'a en revanche rien à voir avec celui des bandits de grands chemins.

Les images de leurs rodéos dans Lyon avaient fait le tour des réseaux sociaux. Les trois "Dalton" ont été condamnés ce vendredi à Lyon à de la prison ferme ou avec sursis pour un rodéo motorisé. Mais leur profil n'a rien à voir celui des bandits de grand chemin, même en caricature.

Des profils très jeunes

Deux d'entre eux ont 19 ans, le troisième 20 ans. Ils vivent chez leurs parents. L'un vient de décrocher un CDI de mécanicien, un autre fait de l'intérim dans la manutention, le dernier est en recherche d'emploi. Un seul a un casier judiciaire, pour des délits routiers. "Ce ne sont pas des délinquants d'envergure", relève d'emblée Samir Dris, un de leurs avocats, appelant le tribunal à s'affranchir de "l'effervescence" qui entoure l'affaire.

Le 23 octobre, les trois ont été interpellés dans une zone commerciale de Bron, en banlieue de Lyon, alors qu'ils participaient à un rodéo à moto ou scooter au milieu de la circulation automobile. "Monsieur le Maire, on arrive" : l'événement avait été annoncé sur le compte Instagram d'un collectif de rappeurs lyonnais, les "Dalton", qui multiplie les provocations depuis qu'un de ses membres a été incarcéré, fin août, pour de précédents rodéos.

Objectif : aller pétarader dans le centre de Lyon en se filmant. D'autres l'ont déjà fait une semaine plus tôt, place Bellecour, au cœur de la ville. Mais la préfecture, cette fois, mobilise des dizaines de policiers et un hélicoptère pour couper court au rodéo. Sur une dizaine de participants, tous vêtus de la tenue rayée jaune et noir des ennemis de Lucky Luke, trois sont arrêtés rapidement et le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, s'en félicite sur Twitter. L'accusation leur reproche plusieurs violations du code de la route et, pour deux d'entre eux, un délit de fuite. L'un d'eux est aussi soupçonné d'avoir été l'un des organisateurs.

Un comportement "parfaitement irresponsable"

À l'audience, la procureure dénonce un comportement "parfaitement irresponsable" : "on stoppe la circulation, on s'approprie la route, on publie la vidéo, il faut que ce comportement cesse". Devant le tribunal, Messim Lamloumi, 19 ans, affirme qu'il s'entraîne à moto tous les week-ends sur un terrain de Bron et que ce samedi-là, on lui a proposé d'enfiler un costume de Dalton pour les besoins d'un clip.

"Mais je suis pas un Dalton, j'ai rien à voir avec tout ça", dit-il. En garde à vue, il a déchiré sa tenue, "énervé" par l'issue de l'affaire. À ses côtés, Muhammed Akdag, 19 ans, explique avoir gagné 200 euros en faisant un premier rodéo et qu'il devait en toucher 100 pour filmer celui-là. Des vidéos ont été retrouvées dans son téléphone portable. Face aux juges, il justifie ses zigzags entre les voitures lors de la course-poursuite avec la police, ce qui énerve la présidente : "vous voulez quoi, qu'on vous délivre un satisfecit pour bonne conduite ?".

Sursis et prison ferme

Pierre-Emmanuel Girard, l'avocat du jeune homme, n'apprécie pas non plus son attitude, mais veut relativiser les faits : "les rodéos, ce n'est pas nouveau. Le phénomène dérange depuis qu'il s'est déplacé dans le centre-ville". David Metaxas, avocat de Jawad Chlali, 20 ans, qui soutient aussi qu'il n'a "rien à voir" avec les Dalton, va plus loin en écartant l'idée d'un groupe "structuré", dont son client serait un des "leaders". Dans cette salle, n'importe qui peut être un 'Dalton' : il suffit d'enfiler la tenue pour être catalogué", lance-t-il au tribunal en l'appelant à la clémence, comme ses confrères.

Des peines de prison allant de six mois avec sursis probatoire à six mois ferme ont été prononcées à l'encontre des prévenus, assorties de différentes obligations.