Pourquoi ils détestent la fête des voisins

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L’édition 2010 se tient vendredi soir. Mais certains feront tout pour ne pas y assister.

Nappe à carreaux et grand sourire. La fête des voisins c’est "l'occasion de se rencontrer pour développer la convivialité afin de rompre l'anonymat et l'isolement qui règnent souvent dans nos villes", annonce le site d’Immeubles en fête, à l’origine de l’évènement. Mais parfois, on se dit que l’anonymat, ce n’est pas si mal que ça. La fête des voisins n’est pas toujours ce grand moment de convivialité annoncé. Et certains ont vraiment de bonnes raisons pour ne pas y aller. Florilège.

Anti-social. "Si je ne dis pas bonjour à mon voisin dans l’escalier, ce n’est pas pour me le coltiner à un barbecue", lance Romain. Le message est clair, pour lui ce n’est pas parce qu’on vit au même endroit qu’on est obligé de se parler. "La plupart de mes voisins sont des familles ou des personnes âgées. Je n’aurais vraiment rien à leur raconter. Donc je me dis qu’au lieu de m’infliger ça, passer la soirée seul dans son canapé devant la télé, c’est pas si mal".

Rancunière. La fête des voisins peut vite se transformer en règlement de comptes. Entre les frais de copropriété et le tapage nocturne, le ton peut rapidement monter. C’est pour cette raison que Clémence n’ira pas à la fête des voisins cette année. Un "léger différend" avec sa voisine lui fait craindre un dérapage incontrôlé. "La dernière fois que j’ai parlé à ma voisine, c’était pour l’empêcher de porter plainte pour tapage nocturne", raconte la jeune femme qui habite à Paris. Malgré un mot laissé en bas de son immeuble pour s’excuser par avance du bruit occasionné par une soirée qu’elle organisait, sa voisine est venue sonner chez elle à 3 heures du matin. "C’est vrai que la musique allait un peu fort", concède Clémence. "Je pensais que le problème était réglé une fois la musique baissée, mais le lendemain quand je suis descendue chercher mon courrier, j’ai trouvé un mot affiché dans le hall de l’immeuble qui m’était destiné, signé de ma voisine. Merci pour ma réputation dans l’immeuble !".

Pas libre. A la dernière fête des voisins, Anne-Lise, 27 ans, a poliment discuté avec un des habitants de son immeuble "plutôt sympa d’ailleurs", confie-elle. Mais quelques jours après, Anne-Lise a reçu une demande d’ami du jeune homme sur sa page Facebook. "Je ne me souvenais plus de son nom, mais c’est en voyant sa photo que je l’ai reconnu", explique-t-elle, "le problème c’est que sa demande était accompagnée d’un mot pour me proposer d’aller boire un verre". La jeune femme a fini par accepter de faire un pique-nique avec lui "pour voir. Mais je me suis vite rendue compte que ça ne pouvait pas franchement coller. J’ai donc montré avec insistance que je n’étais pas intéressée". Apparemment, son voisin n’était pas du même avis. "Depuis il me harcèle pour qu'on se revoie", raconte Anne-Lise, "il m’a même proposé d’aller faire un footing avec lui !". Anne-Lise a donc prévu "depuis de longue date" de ne pas être là ce week-end, "histoire d’être sûre de ne pas le recroiser".

REAGISSEZ - Et vous, pourquoi vous n’irez pas à la fête des voisins, ce week-end ?