Brétigny : un an après, hommage aux victimes

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LA DOULEUR - Des cérémonies ont débuté samedi à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, en hommage aux sept morts et aux dizaines de blessés.

L'INFO - Un an après la catastrophe ferroviaire, des cérémonies ont débuté samedi à Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, en hommage aux sept morts et aux dizaines de blessés. Dans la petite gare de la commune, aucune trace de l'accident, le plus grave survenu en France depuis plus de vingt ans.

Un déraillement à 137 km/h. Ce vendredi 12 juillet 2013, jour de départs en vacances, 385 personnes étaient à bord du train Intercités 3657 Paris-Limoges. Elles quittaient la gare d'Austerlitz à 16h53 pour une arrivée prévue à destination à 20h05. Mais à 17h11, alors qu'il aborde la gare de Brétigny, le train déraille à 137 km/h. Deux voitures se retrouvent couchées sur les rails, une troisième balaie le quai sur lequel attendent de nombreux voyageurs. "J'étais dans ce wagon. Le choc, la voiture qui entame sa course folle dans un bruit apocalyptique, les gens recroquevillés sur eux-mêmes, puis le silence, le nuage de poussière", raconte Jean Champagne, 56 ans. Sept personnes perdent la vie dans l'accident et des dizaines sont blessées.

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Une minute de silence. Samedi, un an plus tard, à 17h11, l'heure exacte de l'accident, une sirène a retenti, suivie d'une minute de silence. Une plaque a ensuite été dévoilée par le maire de la ville. Frédéric Cuvillier, le secrétaire d'Etat aux Transports, a également déposé une gerbe sur le quai.

Plus de traces de la catastrophe. Sur lieu du drame plus aucune trace de l'accident. Les travaux, entrepris par la SNCF pour environ 1,5 million d'euros, se sont achevés fin juin. Le quai et l'abri, totalement détruits il y a un an, sont flambant neufs. "C'était important qu'il n'y ait plus de cicatrice physique aujourd'hui", relève Nicolas Meary, le maire de la ville (UDI).

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Des cicatrices psychologiques. Mais les quelque 200 victimes et leurs familles ne se sont pas rendues à la gare : ils se sont réunis, en privé, dans un gymnase pour se recueillir.  "Revenir sur les lieux même du drame est trop difficile", explique Thierry Gomès, qui a perdu ses deux parents, fauchés sur le quai, lors de la catastrophe. "Nous avons tous été meurtris dans notre chair. Beaucoup souffrent de traumatismes psychologiques, certains sont encore lourdement handicapés. Les cicatrices sont loin d'être refermées", explique-t-il.

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Leur combat continue sur le terrain judiciaire. Les experts ont rendu, début juillet, des conclusions "sévères" à l'encontre de la SNCF, mettant en cause "l'état de délabrement" du réseau à l'endroit de l'accident et un "déficit" de maintenance."On se trouve sur un axe ferroviaire stratégique. Comment peut-on avoir une telle vétusté à cet endroit ?", s'interroge Jean Champagne.Pour Thierry Gomès, président de l'association des victimes, il y a eu "un manquement très grave" de la SNCF. "Qui est responsable, l'homme de terrain ou le décideur? Nous espérons que la justice répondra à cette question".

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