5 ans après l’attentat contre l’Hyper Cacher, le père d’une victime témoigne : "Je ne pardonnerai jamais"

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L'attentat de l'Hyper Cacher avait fait quatre morts en janvier 2015 (Photo d'illustration.) 1:34
L'attentat de l'Hyper Cacher avait fait quatre morts en janvier 2015 (Photo d'illustration.) © AFP
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Le 9 janvier 2015, Amédy Coulibaly tuait quatre personnes dans le magasin Hyper Cacher, à Paris. Le père d’une victime a témoigné sur Europe 1, jeudi : "Comment voulez-vous que je pardonne quelqu’un qui a tué mon fils ?"
TÉMOIGNAGE

Le 9 janvier 2015, Amédy Coulibaly tuait quatre personnes au magasin Hyper Cacher, à Paris. Parmi les victimes de l’attentat, Yoav Hattab, 21 ans, est mort en essayant de s'emparer de la deuxième arme du tueur, pour sauver les otages. Cinq plus tard, la douleur est toujours aussi vive pour son père, Batou Hattab. Cet ancien grand rabbin de Tunis, qui n’avait pas pris la parole depuis 2015, a accepté de témoigner sur Europe 1, jeudi. "Jamais je ne pardonnerai. Comment voulez-vous que je pardonne quelqu’un qui a tué mon fils ? Pourquoi ? Même dans 120 ans, je ne pardonnerai pas", assure-t-il.

"Jamais je n’arriverai à oublier"

Batou Hattab l’avoue : depuis la mort de son fils, son "cœur est brûlé". "La joie a disparu, mais on fait beaucoup d’efforts. Quand je vois mes enfants, je vois qu’il me manque un fils. Le cœur est brûlé. Jamais je n’arriverai à oublier, les douleurs augmentent", dit-il. "Dans mon bureau à Tunis, j’ai un calendrier au 9 janvier que je n’ai jamais voulu enlever. Il est toujours là (au 9 janvier 2015), il ne bouge pas."

"Mon fils a donné tout son amour pour la France"

Si la douleur est toujours là, il continue de saluer le geste de bravoure de son fils. "Mon fils a cherché à sauver les Français et les Tunisiens. Il a donné tout son amour pour la France, mais malheureusement il n’a pas réussi à donner sa vie", poursuit-il. Cinq ans après, il continue à se rendre sur la tombe de son fils, à Jérusalem. "Pour nous, le mont des Oliviers à Jérusalem est un endroit sacré, comme La Mecque pour les musulmans. Quand je peux y aller, je parle à mon fils. Je lui dis qu’ils vont payer, et que Dieu est toujours là."