L'Agence spatiale européenne recrute : "On aimerait une meilleure parité homme-femme"

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L'Agence spatiale européenne veut recruter sa future génération d'astronautes. 8:47
L'Agence spatiale européenne veut recruter sa future génération d'astronautes. © Handout / EUROPEAN SPACE AGENCY / NASA / AFP
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Invité mercredi d'Europe 1, le spationaute Jean-François Clervoy est revenu sur la campagne de recrutement que s'apprête à lancer l'Agence spatiale européenne, en quête de sa nouvelle génération d'astronautes. L'ESA espère pouvoir recruter plus de femmes, et amorce une ouverture vers les personnes en situation de handicap. 

C'est sa future génération d'astronautes que l'Agence spatiale européenne (ESA) s'apprête à recruter. L'agence procède à sa nouvelle sélection, la première depuis 2009, au terme de laquelle entre quatre et six candidats seulement seront retenus à l'issue d'un processus qui s'ouvrira le 31 mars avec l'accueil des postulants, et s'achèvera en octobre 2022. Et cette fois, l'ESA compte bien diversifier un peu plus son recrutement, avec d'avantage de femmes, confirme au micro d'Europe 1 Jean-François Clervoy, ingénieur français et spationaute à l'agence. 

"On aimerait avoir une meilleure parité homme-femme", indique Jean-François Clervoy. Par le passé, les femmes étaient en effet très minoritaires au sein des sélections : "Une femme sur six dans le dernier recrutement de 2009, une sur six en 1992 et une sur sept en 1985", détaille le spationaute. Toutefois, précise-t-il, cette sous-représentation reflétait aussi la faible "proportion de femmes qui se présentaient au départ" des sélections. En 2008, moins de 16% des candidates étaient des femmes. 

"Ne considérez plus que c'est un job pour les hommes"

L'ESA espère donc voir plus de femmes candidates. "C'est pour ça que cette fois-ci, l'agence met le paquet sur la communication pour dire aux femmes : 'Ne considérez plus que c'est un job pour les hommes. Il est autant pour les femmes que les hommes. Candidatez en masse !'", explique Jean-François Clervoy. Un appel semblable à celui de Thomas Pesquet, qui, dans un message vidéo souligne que "l'important, c'est de ne pas s'auto-censurer". 

Comment postuler ? Les candidatures doivent être déposée sur le site de l'ESA du 31 mars au 28 mai. Il est nécessaire d'avoir un master dans un domaine scientifique et trois ans d'expérience professionnelle, mais aussi de parler parfaitement l'anglais et de bien maîtriser une deuxième langue. La limite d'âge a été repoussée à 50 ans. Une très bonne condition physique est indispensable. 

Le parcours de sélection comprend plusieurs épreuves, techniques, psychologiques, médicales... qui se termineront par des entretiens d'embauche.

"On espère que la proportion de femmes au départ sera plus forte que dans le passé", conclut Jean-François Clervoy. Et d'ajouter : "Même si cette proportion est un peu plus faible, à la fin du processus de sélection, on pourra peut-être prendre un nombre de femmes un plus grand que ce qu'elles représentent en proportion dans ces finalistes". 

Une ouverture vers les personnes handicapées

Autre innovation : l'agence spatiale ouvre la porte aux personnes ayant un handicap physique, pour mener une étude de "faisabilité" sur l'accès des vols spatiaux aux "parastronautes". "Ceux qu'on va sélectionner vont aider l'Agence spatiale européenne à réfléchir à mettre au point des équipements, des vaisseaux, qui seront compatibles avec certains types de handicap, qui eux, ne sont pas rédhibitoires pour pouvoir parfaitement réussir une mission dans l'espace". Parmi ces missions réalisables, à condition de mettre en place des équipements adaptés, "piloter un vaisseau, le bras robotique, ou réaliser toutes sortes d'expériences scientifiques qui se font essentiellement avec les mains". 

Les jeunes recrues auront vocation à voler dans un premier temps vers l'ISS, et, à l'avenir, à participer aux futures missions lunaires. Par ailleurs, pour la première fois, l'ESA va créer un "corps de réserve", en parallèle. "Des personnes identifiées comme aptes au travail dans l'espace, mais qui restent dans leur laboratoire d'origine jusqu'à ce qu'on ait besoin d'eux pour une mission où on a besoin de leur spécialité", explique Jean-François Clervoy.

Europe 1
Par Antoine Terrel avec AFP