Climat : comment traquer les émissions de méthane depuis l'espace

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Une entreprise française propose de traquer les émissions de méthane depuis l'espace. © AFP
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Thibaud Hue, édité par Laura Laplaud , modifié à
Alors que le Parlement européen a réclamé à la Commission européenne de fixer des objectifs pour réduire les émissions de méthane, l'un des gaz les plus polluants, une entreprise française, Kayrros, s'est penchée sur le sujet. Elle propose de traquer ces émissions depuis l'espace. Une première mondiale. 

Comment l'intelligence artificielle pourrait-elle permettre de servir la lutte contre le réchauffement climatique ? La Nasa, le réseau Sentinel ou encore le MI6 travaillent sur ce sujet. En France, une entreprise nommée Kayrros a mis au point un système permettant de repérer les fuites de gaz naturel, responsables du réchauffement climatique. "On est capable de suivre en temps réel les engagements des Etats", assure son président Antoine Rostand.

Une première mondiale

Les Etats signataires de la COP26 respecteront-ils leurs engagements ? S'ils ont signé le "Pacte de Glasgow pour le climat", permettant notamment de finaliser les règles d'application de l'Accord de Paris, et de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, rien n'assure qu'ils tiendront leurs engagements, sauf, peut-être, l'intelligence artificielle qui pourrait bien faire son entrée dans la partie. 

En orbite à 800 km de la Terre, le satellite Sentinel 5 repère les nappes de méthane grâce à un capteur infrarouge. Il envoie toutes ses données à Paris chez l'entreprise Kayrros, qui traque les fuites de ce gaz dans chaque pays. Son président, Antoine Rostand, veut en faire une pression positive en pointant du doigt les États trop négligents. "On est capable de suivre en temps réel les engagements des Etats et des entreprises par rapport aux promesses qu'ils ont faites à Paris ou à Glasgow", assure-t-il.

"Une question de justice"

"Si on n'est pas capable de baisser nos émissions partout dans le monde, ça ne sert à rien de les baisser en Europe pour qu'elles remontent ailleurs. Donc ce n'est pas une question d'espionnage, c'est une question de justice", lance-t-il.

Les études déjà réalisées sont formelles : les fuites de méthane, souvent accidentelles, accélèrent grandement le réchauffement climatique. C'est ce qu'explique Thomas Laveau, chercheur au laboratoire Science et environnement de Paris-Saclay : "Le gaz qu'on peut récupérer en évitant ces fuites, ça se compte en milliards de dollars par année. Si on fait une comparaison au nombre de voitures, ce serait tout le secteur trafic de la France, l'Angleterre et l'Allemagne. C'est vraiment quelque chose qui est colossal !"

À la COP 26, 105 États se sont engagés à réduire de 30% leurs émissions de méthane d'ici à 2030. Il faudra attendre un an pour avoir les premiers bilans de Kayrros et pour savoir si les gouvernements et les entreprises respectent leurs promesses.