Une nouvelle étude alerte sur la pollution de l'air : "Ce type de rapport fait très peur"

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Xavier Horent, délégué général du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), reconnaît la dangerosité de la pollution de l'air mais appelle à ne pas stigmatiser la filière automobile.
INTERVIEW

C'est une nouvelle étude qui vient nous alerter sur la qualité de l'air que l'on respire. L'Anses, l'Agence de sécurité sanitaire, a tiré mardi soir la sonnette d'alarme sur une nouvelle forme de pollution : celle aux particules "ultra-fines", au carbone suie et au carbone organique, très présents dans l'air. 

"Les particules ultra fines ont des effets au niveau respiratoire ou cardiovasculaire : elles vont dans l'arbre respiratoire, jusqu'aux alvéoles, et elles rejoignent la circulation sanguine", indique Guillaume Boulanger, de l'unité d'évolution des risques liés à l'air à l'Anses. Quant aux carbone suie et carbone organique, ils comprennent "des composés très réactifs qui vont créer des inflammations au niveau respiratoire plus importantes et ils peuvent aussi provoquer des cancers".

Pour l'Anses, la principale réponse à apporter est claire : il faut réduire le trafic routier. Invité mercredi de la matinale d'Europe 1, Xavier Horent, délégué général du Conseil national des professions de l’automobile (CNPA), appelle toutefois à ne pas réagir de manière excessive.

"Il faut prendre ses chiffres avec beaucoup de précaution"

"Cette étude supplémentaire va plus loin et plus profondément que les études précédentes dans la finesse des particules étudiées et les risques qui y sont associés", reconnaît Xavier Horent. Mais il regrette dans le même temps la "pollution des esprits qu'il y a aujourd'hui au niveau de la filière automobile". "Ce type de rapport fait très peur", s'inquiète-t-il. "Je pense que la question qui se pose aujourd'hui est : 'qui croire' ? Il faut prendre ses chiffres avec beaucoup de précaution", enchaîne-t-il. 

En clair, sans nier la dangerosité des polluants pointés par l'étude de l'Anses, Xavier Horent en appelle à ne pas pointer l'automobile comme seule responsable. L'étude de l'Anses reprend un chiffre de l'Agence Santé publique France, selon qui la pollution aux particules entraînerait chaque année 48.000 morts prématurées dans le pays. Or, "la circulation automobile n'est responsable que de 17% de l'émission des particules fines. Et 90% émanent de véhicules diesels très anciens, qui ne sont pas équipés de filtres à particules", assure le délégué général du CNDA.

"Il faut mettre le consommateur au centre des débats"

"Il faut prendre les chiffres avec beaucoup de prudence et éviter de faire un procès supplémentaire excessif par rapport à une filière automobile qui connait une transformation probablement sans aucun précédent dans son histoire", martèle Xavier Horent. Selon lui, la filière automobile fait de nombreux efforts pour lutter contre la pollution de l'air. Mais il rappelle aussi qu'une conversion radicale aux transports propres ne se fera pas sans les consommateurs.

"La question de l'adaptation se fait au niveau des clients, c'est la loi de l'offre et de la demande, il ne faut pas l'oublier. Il faut mettre le consommateur et le client au centre des débats. On ne passera pas au tout électrique du jour au lendemain", insiste-t-il, reconnaissant également qu'il faut que la l'industrie automobile se mette "sur la bonne trajectoire", celle de la conversion aux véhicules propres.