Un rapport sur les métiers du grand âge préconise de favoriser l'apprentissage car il y a "énormément de postes à pourvoir"

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Myriam El Khomri, ancienne ministre du travail, remet mardi un rapport au gouvernement pour revaloriser "les métiers du grand âge". Il évoque quelques pistes comme la formation des futurs personnels de santé, et la volonté de renforcer la pratique de l'apprentissage pour ces métiers.

Les aides-soignants et les aides à domicile qui alertent régulièrement sur leurs conditions de travail sont de plus en plus nombreux à jeter l'éponge (moins 25% de candidats sur les 6 dernières années). Et pourtant, avec le vieillissement de la population, les besoins vont exploser. Myriam El Khomri, l'ancienne ministre du travail, remet aujourd'hui un rapport au gouvernement pour rendre plus attractifs "les métiers du grand âge", qui évoque quelques pistes comme la formation des futurs personnels de santé, et la volonté de renforcer la pratique de l'apprentissage pour ces métiers.

Plus de moyens 

Franck Tessier, directeur de l'Ehpad Sainte-Claire à Noyant-la-Gravoyère dans le Maine-et-Loire, espère ainsi beaucoup de ce rapport. "On rencontre hélas des professionnels qui s'usent au travail à cause de la difficulté et du manque de moyens, souvent de moyens humains. J'ai des exemples précis de soignants qui ont quitté le métier, notamment un qui est devenu chauffeur routier", métier qui n'est pas non plus exempt de pénibilité. "On espère que le gouvernement va enfin nous permettre d'augmenter les moyens pour améliorer les conditions de travail, de mieux payer les professionnels qui accompagnent les aînés, que ce soit à domicile ou en établissements, de reconnaître et valoriser les métiers, mieux former... On espère beaucoup", résume-t-il. 

Le syndicat national des établissements et résidences privés annonce, de son côté, le recrutement de 2.000 apprentis d'ici 2022. En Seine-Saint-Denis, dans le centre de formation de la Croix Rouge, des apprentis aide-soignants, comme Jackie, apprennent ainsi les gestes à l'école avant de les mettre en pratique dans un Ehpad. "La différence c'est qu'on a l'échange aussi avec les vrais gens. Là on a mis peut-être 15 minutes, quand on est dans l'Ehpad, on n'a pas le même temps, parce qu'il faut voir comment la personne a dormi, est ce que la personne rencontre des difficultés, ça prend du temps." 

Les apprentis, solution contre le manque de personnel

L'apprentissage pourrait être une bonne solution contre le manque de personnel, car "il y a énormément de postes à pourvoir dans ces établissements là", assure la formatrice de Jackie, Louise Thoraval. "Les aides soignantes trouvent souvent du travail avant même d'avoir fini" l'école. Elle reconnaît que l'apprentissage dans ces métiers est encore mal connu, notamment des employeurs, alors qu'il garantit un emploi en CDI après 18 mois de formation.

Europe 1
Par Jean-Gabriel Bourgeois, édité par Séverine Mermilliod