Ministres déchus : que sont-ils devenus ?

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© BERTRAND GUAY / AFP
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Avec plus ou moins de bonheur, certains ont repris leur poste d'avant maroquin, quelques-uns tâtonnent... Quand d'autres n'envisagent pas de totalement raccrocher de la politique. 
L'ENQUÊTE DU 8H

Il y a six mois, Emmanuel Macron entrait à l'Elysée et la gauche était balayée. Parmi les anciens ministres de François Hollande, on sait que Bernard Cazeneuve est redevenu avocat, que Michel Sapin travaille au cabinet de l'ancien président, que Stephane Le Foll est à nouveau député et bientôt candidat au poste de premier secrétaire du PS. Mais les autres membres du dernier gouvernement ne sont plus sur le devant de la scène et ont dû (re)trouver une activité. Etat des lieux.

El Khomri a créé une société de conseil. Il leur a fallu se reconvertir ou retourner d'où ils venaient. Ainsi l'ancien garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas est redevenu prof de droit constitutionnel. Il a dû remettre ses cours à jour car la réforme constitutionnelle de 2008 est passée par là ! Jean-Marc Ayrault supervise quant à lui la création d'une fondation consacrée à la mémoire de l'esclavage. Après deux mois de vacances, Myriam El Khomri, elle, est devenue chef d'entreprise et a créé sa société de conseil. Matthias Fekl, le dernier ministre de l'Intérieur de François Hollande, deviendra avocat début janvier. C'est plus compliqué pour Emmanuelle Cosse, qui, aux dernières nouvelles avait des pistes mais pas encore de travail dans le secteur du logement. Marylise Lebranchu, elle, profite de sa retraite pour voyager et lire.

Entendu sur europe1 :
On se dit qu'on n'est plus dedans, qu'on est un peu à côté, on est un peu frustré. Quarante ans d'engagement militant, ça ne s'interrompt pas du jour au lendemain, mais chacun sa place.

Nostalgie. Au quotidien, le changement est radical : moins de pression, mais adieu l'agenda surchargé, la voiture avec chauffeur, les débats permanents. Marisol Touraine, repartie au conseil d'Etat, assure n'avoir "ni blues, ni nostalgie", ce qui n'est pas tous les jours le cas pour l'ancien ministre du Budget, Christian Eckert. S'il note des "aspects positifs à sa nouvelle situation - on peut dormir, s'occuper de soi, de sa famille" -, il nuance son propos : "C'est vrai qu'à la rentrée parlementaire, pendant la session budgétaire, on se dit qu'on n'est plus dedans, qu'on est un peu à côté, on est un peu frustré. Quarante ans d'engagement militant, ça ne s'interrompt pas du jour au lendemain, mais chacun sa place", admet-il.

Tweets et préparatifs de "come-back". Mais la politique n'est pas mise de côté par tous. Certains n'hésitent pas à dégainer des tweets quand le gouvernement est trop sévère avec les années Hollande. D'autres sont encore élus locaux et beaucoup sont toujours militants en espérant que le PS va "se remettre". D'après Jean-Marc Ayrault, il faut "transformer [le parti socialiste] en profondeur avec de nouveaux responsables de la nouvelle génération". La nouvelle génération qui a pris du recul mais ne renonce pas. Entre deux leçons de conduite, Najat Vallaud Belkacem confie que son retour en politique "ne devrait pas trop tarder". Et pour cause, avec son ancien collègue Mathias Fekl, ils se voient beaucoup en prévision du congrès du PS, début 2018.

 

Ils ont quitté le gouvernement il y a un peu plus longtemps

Écartés de la vie politique depuis plus longtemps, Cécile Duflot et Arnaud Montebourg, qui ont échoué à être candidats à la présidentielle, font partie des naufragés de 2017. Cécile Duflot s'est lancée dans le développement industriel d'une société d'hébergement de sites informatiques. Plus éloigné de la sphère politique, mais toujours médiatique, Arnaud Montebourg fera une apparition dans la suite du film Neuilly sa mère en 2018.

Europe 1
Par Aurélie Herbemont, édité par A.D