Pesticides : mettre en place des zones non traitées "va avoir un impact important sur les revenus des agriculteurs"

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Plutôt qu'un décret fixant une distance minimale entre zone d'épandages de pesticides et habitations comme le propose le gouvernement, la FNSEA souhaite le développement de chartes. Le syndicat rejette par ailleurs les zones de non traitement.

La FNSEA préfère des solutions locales pour protéger les riverains des épandages de pesticides, plutôt qu'une délimitation stricte par la loi, a indiqué samedi un porte-parole du syndicat agricole. "L'objectif c'est qu'il n'y ait pas de zones de non-traitement et de développer les chartes, le dialogue sur le terrain avec les maires et les associations de riverains, pour qu'on puisse trouver des solutions où tout le monde s'y retrouve", a indiqué Christian Durlin, vice-président de la commission environnement à la FNSEA.

Le gouvernement avait indiqué samedi matin qu'il allait proposer de fixer à 5 ou 10 mètres, selon le type de culture, la distance minimale entre les habitations et les zones d'épandage de produits phytosanitaires, suivant les recommandations scientifiques de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). La mise en place de ces zones de non-traitement s'effectuera là où "il n'y a pas de charte de riverains", avaient toutefois précisé mercredi le ministre de l'Agriculture Didier Guillaume. "Nous avons toujours été favorables à ce qu'on puisse parler de ce problème par territoire, parce que les enjeux ne sont pas du tout les même d'un territoire à l'autre", a détaillé Christian Durlin.

"Des milliers d'hectares pour chaque département" concernés

Par ailleurs, le syndicat s'oppose à la mise en place de zones de non-traitement car "ce sont des retraits importants de terres agricoles, ce qui représente un manque à gagner très important, surtout dans les zones péri-urbaines", a également expliqué le vice-président de la commission environnement de la FNSEA. 

Au micro d'Europe 1, Christian Durlin souligne que "mettre des zones de non-traitement, revient à mettre des zones de non-culture" et donc peser sur les conditions de vie et de travail des agriculteurs : "Ça va se chiffrer en milliers d'hectares pour chaque département. Ça va encore avoir un impact important sur les revenus des agriculteurs." 

"Nous pensons qu'il faut surtout se baser sur des alternatives", a-t-il ajouté à l'AFP, en citant pour exemple l'utilisation de haies ou de matériel spécifique pour éviter les dérives de pesticides en dehors des parcelles. Les règles concernant l'élaboration de chartes et de distances minimales à respecter pour l'épandage des pesticides "vont figurer dans des textes qui entreront en application au 1er janvier 2020", a, de son côté, indiqué Matignon.

Des maires mobilisés

Des maires de tous bords politiques ont multiplié récemment des arrêtés anti-pesticides un peu partout en France après la suspension très médiatisée de celui du maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), Daniel Cueff. Ce dernier a pris le 18 mai un arrêté interdisant l'utilisation de produits phytopharmaceutiques "à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle cadastrale comprenant un bâtiment à usage d'habitation ou professionnel". Un texte qui a été suspendu le mardi 27 août par le tribunal administratif de Rennes.

Europe 1
Par Théo Maneval avec AFP