Ma femme a un godemiché, que dois-je comprendre ?

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Jeudi, dans "Sans rendez-vous", sur Europe 1, la psychanalyste et sexologue Catherine Blanc, aborde la question des godemichés et les craintes que peut susciter, chez les hommes, la possession d'un tel objet par leur compagne.

Dois-je m'inquiéter si je découvre un godemiché dans le tiroir de ma compagne ? Cela veut-il dire que je ne la satisfais pas pleinement sexuellement ? Jeudi, dans Sans rendez-vous, l'émission Santé d'Europe 1, la psychanalyste et sexologue Catherine Blanc s’est penchée sur l'utilisation des sex-toys par les femmes, objets de craintes et de questions pour les hommes. 

La question de Thierry, 42 ans

J'ai découvert que ma femme avait un godemiché caché sous sa lingerie. Que dois-je comprendre ? Que mon pénis n'est pas à la bonne taille, en tout cas, à la taille de son fantasme ?  

La réponse de Catherine Blanc 

Effectivement, c'est toujours curieux de tomber sur des choses qui rendent compte de l'intimité de l'autre, d'une intimité qu'on ne partage pas. Quand on est en couple, on croit tout partager des fantasmes, de la connaissance de ce qui anime l'autre. C'est donc une surprise, qui n'est pas toujours confortable, et qui se fait poser la question : "je suis exclu de cette confidence, qu'est-ce que ça raconte de moi ?". En réalité, ça ne raconte que d'elle. 

En réalité, plein de femmes ont des godemichés…

Oui, plein de femmes en ont en effet. Souvent d'ailleurs elles en ont mais ne les utilisent pas. De toutes façons, ce godemiché, c'est une façon pour elle de se masturber. Est-ce que lui rend compte de toutes ses mastrubations ? En plus, elle le fait avec un godemiché, pas avec le pénis d'un autre monsieur. 

Cela n'a donc rien à voir avec la taille de son pénis ? 

Il croit que le godemiché va être une représentation un peu caricaturale d'un pénis auquel il ne peut pas s'associer. Donc ça réveille son doute quant à lui-même. Il y a donc un double doute : quant à la taille et quant au fait qu'elle ait besoin de sexualité en dehors de moi.. Il y a donc une remise en question de sa valeur sexuelle.   

Est-ce qu'il doit se sentir en concurrence avec ce godemiché ? 

C'est tout le problème des godemichés : ils sont très anxiogènes pour les hommes justement parce qu'ils sont plus gros ou vibrent. Donc ça déstabilise beaucoup les hommes. Quand ces godemichés sont gros, ce sont aussi des recherches que les femmes font. Lorsqu'elles sont en doute quant à leur plaisir, elles peinent à avoir du plaisir. Quand elles peinent à avoir du ressenti, elles cherchent tout azimut ce qui pourrait réveiller ce corps. Et pensent que peut-être plus gros, plus lisse ou plus vibrant, créerait peut-être quelque chose.    

C'est peut-être marqueur d'un vrai problème dans leur couple ? 

Oui, il peut y avoir un vrai problème mais qui n'est pas nécessairement lié au couple, mais lié à elle. Après, il peut y avoir simplement une envie de s'encanailler et d'essayer le truc des copines. Mais ça rend compte de toutes façons d'une recherche personnelle. La sexualité faite entre soi et soi n'est pas la sexualité faite dans l'échange avec un homme donc c'est encore autre chose qui se joue. Mais ça pose la question d'une fantaisie qui manque peut-être au couple ou d'une recherche d'un plaisir qu'on ne trouve pas forcément et qu'on cherche désespérément sans pour autant tromper son partenaire. 

Thierry doit-il en parler à sa femme ? 

Cela dépend de la femme. Peut-être que l'avoir trouvé dans des dessous où on n'était pas censé aller fureter, ce ne sera pas accueilli gentiment. Si par contre, c'était entre trois chaussettes et la recherche de je ne sais quoi, les choses sont plus simples. Et si la femme est plutôt ouverte de façon générale à la discussion, il peut lui dire : "dis donc ma coquine, j'ai trouvé ça, tu m'en parles ?". Cela peut érotiser la relation. Sinon, il peut choisir de ne rien dire et poser la question : "tiens, je me disais j'avais envie de t'acheter un godemiché, est-ce que ça te dirait ?" pour voir ce qu'elle va dire. Peut-être "tu sais, j'en ai déjà un" ou pas. Et à ce moment-là, on respecte.