D’où vient la légionellose, cette infection en pleine recrudescence ?

  • A
  • A
légionellose 2000*1000
La légionellose a été identifiée pour la première fois en 1976. (Image d'illlustration) © NICOLAS MAETERLINCK / BELGA / AFP
Partagez sur :
La légionellose a été identifiée pour la première fois en 1976, après avoir fait des ravages chez des anciens combattants américains, contaminés par le système de climatisation d’un hôtel de Philadelphie où ils étaient réunis pour un congrès. Près de 45 ans plus tard, cette maladie connait une étonnante recrudescence en France.

C’est une pneumonie dont le nombre de cas est nette augmentation... mais qui n’a rien à voir avec le coronavirus. Selon le dernier bulletin épidémiologique publié par Santé publique France, 2.133 cas de légionellose ont été enregistrés en 2018 dans le pays, soit 31% de plus que l’année précédente. Début février, une femme de 71 ans a été débarquée d’une croisière à Marseille, dans un état grave. Elle souffrait de cette bactérie. Mais c’est vraisemblablement au mois de juin 2018 que les contaminations ont été les plus nombreuses.

L’une des hypothèses pour expliquer cette recrudescence est l’influence de la météo à cette période de l’année, avec des températures et des précipitations plus élevées que d’habitude, ce qui pourrait favoriser la survie des légionelles. Si la majorité des infections restent inexpliquées, certains malades ont évoqué un voyage, la plupart du temps en France.

Pourquoi cette maladie s’appelle la légionellose ? 

Cette maladie a été reconnue pour la première fois en juillet 1976. Cette année-là, le 58e congrès de l’American Legion, un congrès d’anciens combattants de l’armée américaine, se tient du 21 au 24 juillet à Philadelphie, à l’hôtel Bellevue-Stratford. Le système de climatisation, datant de 1954, donne quelques signes de faiblesse.

Un jeune employé est chargé de le contrôler, mais il tombe malade la veille de la convention. Le 23 juillet, deux organisateurs et plusieurs légionnaires souffrent à leur tour d’un "mauvais rhume". Le 26 juillet, une bonne partie des congressistes se voit clouée au lit et le 30 juillet, quatre légionnaires meurent d’une pneumonie. De retour chez eux après la convention, plusieurs anciens soldats doivent être hospitalisés.

Les médecins des différents États font peu à peu le lien entre les symptômes de leurs patients et leur présence à Philadelphie. Au terme de cette première épidémie, on compte 182 cas, dont 29 décès. Mais ce n’est que le 27 décembre qu’un médecin observe une nouvelle bactérie sur le fragment du poumon d’un organisateur décédé. Cette bactérie, responsable de l’épidémie, sera baptisée quelques années plus tard Legionella pneumophilia.

Comment s’attrape cette bactérie ? 

Les légionelles sont présentes à l’état naturel dans les eaux douces, celles des lacs et des rivières, et les sols humides. À partir du milieu naturel, la bactérie peut coloniser les installations qui offrent des conditions favorables à leur développement, telles que la stagnation de l’eau, une température comprise entre 25 et 45°C, et la présence de nutriments. La contamination se fait par voie respiratoire, par inhalation d’eau contaminée diffusée en aérosol.

 

Quels sont les symptômes ? 

La légionellose est associée à des pneumonies aiguës communautaires (PAC) graves. La totalité des cas déclarés en France (98%) sont hospitalisés et la mortalité globale est de 15% (30% chez les patients immunodéprimés).

Après une période d’incubation de deux à dix jours, le début de la maladie est progressif, les patients présentent un syndrome pseudo-grippal avec une fièvre, des céphalées, des myalgies, une anorexie. Une fois que la maladie est complètement installée, les symptômes associent une fièvre élevée à 40°C, une dyspnée et une toux importante pouvant s’accompagner d’expectorations. La pneumonie est souvent associée à des signes digestifs (50% des cas) comme la diarrhée ou des douleurs abdominales, et à des signes neurologiques (40% des cas) de type confusion, hallucinations, signes de focalisation, coma.

Comment prévenir une contamination ?      

Il vaut mieux se méfier des installations sanitaires qui n’ont pas été utilisées depuis un moment. En ouvrant une douche qui est resté fermée un long moment, par exemple dans un camping, l’utilisateur va recevoir un aérosol de bactéries, parmi lesquelles des légionnelles. La meilleure chose à faire reste donc de laisser couler l’eau pendant 5 à 6 minutes avant de vous laver.

Europe 1
Par Jimmy Mohamed