Le plan addiction, une victoire des lobbies de l’alcool ?

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© FRED TANNEAU / AFP
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Le plan national contre les addictions a été adopté en catimini. Mais il n’y a aucune mesure contre l’alcool.

Les spécialistes l'attendaient depuis presque un an. Le plan national contre les addictions, dont la présentation officielle a été reportée à plusieurs reprises, a finalement été adopté en catimini par le gouvernement au mois de décembre et envoyé aux préfets de régions. Les experts qui espéraient une prise de position forte de Matignon sont extrêmement déçus, d'autant plus que même si ce plan contient 200 mesures, certaines, comme le paquet de cigarettes à 10 euros d'ici 2020 ou l'agrandissement du pictogramme pour les femmes enceintes sur les bouteilles, étaient déjà connues.

L'ancienne déléguée générale du lobby du vin travaille dans le cabinet d'Emmanuel Macron. Surtout, aucune autre mesure forte ne concerne l'alcool. Certains murmurent déjà que c'est une nouvelle victoire du lobby de l'alcool. Pour les spécialistes, c'est clair, c'est la filière des alcooliers qui a gagné ! Certains vont même jusqu'à dire que c'est la présence de l'ancienne déléguée générale du lobby du vin au sein du cabinet d'Emmanuel Macron qui explique à elle seule, l'absence de mesures fortes contre l'alcool.

"Augmenter les prix, c’est la seule stratégie pour diminuer la consommation". Par exemple pas de prix minimum. C'était était pourtant LA mesure la plus réclamée par les addictologues. Le principe : un prix en dessous duquel on n'aurait pas le droit de vendre le litre de vin notamment. Aujourd'hui, vous pouvez trouver un cubi de rosé à moins de deux euros le litre,  moins cher que l'eau minérale ou le jus d'orange. Scandaleux pour l'addictologue Michel Reynaud, président du Fonds actions addictions : "les gros buveurs et les dépendants sont ceux qui font vivre la filière alcool, et c’est pour ces gens-là qu’il aurait fallu un prix-plancher. C’est vrai aussi pour les jeunes car quand l’alcool est cher, ils l’achètent moins. Augmenter les prix, c’est la seule stratégie pour diminuer la consommation".

Enfin, les spécialistes regrettent aussi l'absence de taxes sur les boissons "prémix", ces bouteilles qui ciblent les femmes et les jeunes car elles mêlent vin et boissons sucrées comme le rosé pamplemousse ou le rosé sucette. Aucune mesure non plus concernant la limitation de la publicité sur les produits alcoolisés.

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