LA QUESTION SEXO - Que faire en cas de chute de libido après une fausse couche ?

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Dans l’émission Sans Rendez-Vous sur Europe 1, la sexologue Catherine Blanc répond à Aurélie, 32 ans, qui a fait une fausse couche il y a plusieurs mois et qui peine à retrouver sa libido.
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Faire une fausse couche est quelque chose qui arrive fréquemment dans la vie d'une femme. Mais la banalité n'empêche aucunement d'éventuelles conséquences physiques ou mentales. Dans l’émission Sans Rendez-Vous sur Europe 1, Catherine Blanc, sexologue et psychiatre, nous explique pourquoi et comment une fausse couche peut avoir une incidence sur la libido.

La question d'Aurélie, 32 ans

"J'ai fait une fausse couche il y a plusieurs mois et depuis, je n'ai plus de libido. Pourquoi et que dois-je faire ?

La réponse de Catherine Blanc

Il est tout à fait classique de perdre un bébé en cours de fabrication. Aujourd'hui, il existe des moyens qui permettent de savoir très tôt si une femme est enceinte. Il y a beaucoup de projets dans la fabrication d'un bébé et aujourd'hui, on veut tout contrôler. Il y a un besoin de tout contrôler. Donc dès lors que quelque chose nous échappe, que l'on perd le contrôle, on est bousculé considérablement et narcissiquement. Il y a quelque chose de l'ordre de l'incompétence ou de la peur de ne pas y arriver qui s'installe.

Ce n'est pas un problème hormonal comme on l'entend souvent dire sur les questions de libido féminine ?

Non, après une fausse couche, tout se remet très vite en route au niveau hormonal. Il y a toujours une petite chute mais en effet, arrêtons de toujours mettre sur les hormones la raison d’une problématique de désir. D’autant plus que l’hormone du désir, c’est la testostérone. En l'occurrence, ce n’est pas celle qui est concernée dans ce cas-là.

Le fait que ça dure plusieurs mois peut vouloir dire qu’Aurélie a vécu sa fausse couche comme un deuil ?

Absolument. D’ailleurs, c’est très étonnant car lorsque je travaille avec des femmes qui se remettent parfois en question sur leur féminité ou sur la maternité, il m'arrive de demander s'il y a déjà eu fausse couche. Et alors leur visage se fige. Parfois elles pleurent alors même que la fausse couche était très tôt et certaines sont mêmes capables de me dire quel âge aurait le bébé et parfois même quel sexe il aurait pu avoir. L’imaginaire a fait son chemin. La sexualité n’est pas qu’une question d’hormones, c’est aussi une question d’imaginaire.

Aurélie, si ça fait plusieurs mois que sa libido a chuté, doit peut-être se faire aider ?

Oui. En tout cas, il faut qu’elle verbalise ce qu’a joué cette fausse couche dans son histoire. Est-ce que c’est parce qu’elle a peur de ne pas avoir de bébé ? Est-ce que c’est parce qu’elle cumule les fausses couches ? Ou est-ce que ça raconte une histoire de sa propre histoire personnelle de naissance ?

Et son compagnon, peut-il l’aider aussi ?

Les hommes sont souvent moins tenus par cela. Il ne faut pas qu’ils dramatisent plus que de raison. Ils doivent aussi comprendre que pour une femme, ce peut être une histoire compliquée, donc il faut qu’ils soient à l’écoute.

Europe 1
Par Europe1