Le Covid-19, une "souffrance supplémentaire" dans les hôpitaux psychiatriques

  • A
  • A
hôpital psychiatrique covid Loic VENANCE / AFP 1:25
Le personnel médical de l'hôpital psyschiatrique du bois de Bondy vérifie la température d'un patient qui a eu le covid (mai 2020, photo d'illustration). © Loic VENANCE / AFP
Partagez sur :
Les personnes en situation de handicap psychique n'ont pas particulièrement été mises en lumière pendant la crise sanitaire. Mais les personnels des établissements qui les accueillent aimeraient que des solutions soient mises en place pour les aider à mieux vivre avec le Covid, ce qui est très difficile aujourd'hui.
REPORTAGE

Les personnes en situation de handicap psychique (dépression, schizophrènes, bipolaires...) ont été laissées de côté pendant la crise du coronavirus, estiment des soignants. Les personnes qui travaillent dans les centres médico-sociaux qui les accueillent ont toutes les peines du monde à vivre avec le Covid-19. Exemple dans le centre de la Fondation John Bost à Menucourt, dans le Val d’Oise, où Europe 1 s'est rendue.

"L'isolement peut majorer leurs troubles"

A l’intérieur de ce château du 19ème siècle au milieu d’un grand parc, ils sont 50 et semblent un peu perdus avec leur masque, bout de tissu qui alourdit leur quotidien et ravive le sentiment d’enfermement qu'ils ont connu à l’hôpital psychiatrique. Quand l'un d'entre eux a des symptômes, impossible d’être testé rapidement : ce sont à chaque fois des jours d’attente, isolés dans leur chambre. Une situation intenable pour Hélène Antonini Castera, directrice de l’établissement : "Nos résidents, du fait de leurs troubles, peuvent refuser leur isolement. Et cela peut majorer leurs troubles d'angoisse. Pour eux, c'est une souffrance supplémentaire totalement insupportable."

Des tests directement dans les établissements

Le risque est en plus de laisser entrer le virus dans le centre. "Cela paraîtrait plus logique que dans un établissement collectif on puisse dépêcher une équipe qui teste", réclame Etienne Pot, médecin à la fondation John Bost, pour qui il faut que des brigades mobiles viennent sur place tester tous les résidents. "Notamment pour ces publics qui sont fragiles et qui ont besoin d'être plus accompagnés que les autres. On ne peut pas demander à des personnes en situation de handicap d'attendre six heures devant un laboratoire de biologie. Ce n'est pas entendable."

Jusqu’à présent, à chaque fois qu’un cas s’est présenté, ils ont dû passer des dizaines de coups de fil pour trouver un laboratoire ou un hôpital prêt à accueillir ces personnes vulnérables.