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Europe 1 avec AFP , modifié à
Alors que le nombre de personnes contaminées au Coronavirus Covid-19 en Italie ne cesse de grimper d'heure en heure, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a reconnu que les autorités sanitaires s'attendaient à l'apparition de nouveaux cas dans l'Hexagone.
ANALYSE

Plus de 130 cas de coronavirus Covid-19 ont été dénombrés en Italie, ce qui en fait le pays le plus touché par l’épidémie en Europe. La grande majorité des patients se concentre dans le nord du pays, où les mesures pour faire barrière au virus se multiplient : 11 villes ont été placées en quarantaine, et plusieurs événements culturel et sportifs annulés. Une situation qui inquiète aussi en France, où le nouveau ministre de la Santé a indiqué que les autorités se préparaient à une possible épidémie, notamment en distribuant des tests de diagnostics supplémentaires aux laboratoires. Europe 1 fait le point. 

Un nouveau cap dans l’épidémie

"La multiplication des foyers à l’étranger, susceptibles d’essaimer vers la France, rend le risque d’épidémie beaucoup plus important", pointe auprès d’Europe 1 Arnaud Fontanet, le directeur du département de santé globale à l'Institut Pasteur. Jusqu’ici, l'épidémie était principalement localisée en Asie du sud-est, mais désormais de nouvelles niches apparaissent. Outre l'Italie, l'Iran compte une quarantaine de cas, dont huit décès, soit le plus grand nombre de morts en dehors de la Chine.

Pour Arnaud Fontanet, l’épidémie de coronavirus entre dans une nouvelle phase, celle de la "transmission communautaire", ce qui rend son endiguement plus complexe. "Dans les différents foyers, on ne peut plus relier les patients avec un voyage en Chine ou un contact avec une personne déjà affectée."

Pas de précaution particulière dans les transports 

Pour l’Hexagone toutefois, qui ne compte encore aucun foyer identifié de l’épidémie, la menace continue à venir de l’étranger. À ce stade, aucune précaution particulière n’a encore été prise dans les transports en commun. "Air France assure normalement l'ensemble de ses vols vers et en provenance de l'Italie", a déclaré un porte-parole de la compagnie aérienne. Chez Aéroport de Paris : "nous appliquons les recommandations du ministère de la Santé", or "les recommandations sur l'Italie n'ont pas été modifiées pour le moment à notre connaissance".

À Roissy, des affichettes sont distribuées aux voyageurs en provenance d'Italie, et des équipes médicales sont présentes pour informer, rassurer voire prendre la température des passagers qui le souhaitent. Aucun dispositif spécifique n'est en revanche prévu à Orly, où aucun vol direct n'est assuré vers l'Italie. De son côté, la SNCF diffuse depuis quelques jours des messages dans les grandes gares françaises appelant les voyageurs à contacter le 15 en cas de maladie. La compagnie ferroviaire n'a pour l'heure déployé aucun dispositif spécifique au sujet de l'Italie, a indiqué un porte-parole.

Les autorités sur le qui-vive

La France se prépare à une possible "épidémie" du nouveau coronavirus, a reconnu Olivier Véran, le ministre de la Santé, dans un entretien au Parisien Dimanche, estimant "très probable" la possibilité de nouveaux cas sur le territoire. Un point presse sur le coronavirus est prévu au ministère de la Santé dimanche soir. En attendant, l’acheminement de nouveaux tests dans les laboratoires doit permettre d’atteindre une capacité de plusieurs milliers de diagnostics par jour sur tout le territoire, contre 400 actuellement.

Alors que l’Italie multiplie les mises en quarantaine, la France est-elle en mesure de prendre des décisions similaires, et pourrait-elle l’appliquer à une très grande agglomération comme Paris ? "Il ne faut surtout pas céder à la panique, mais il ne faut pas non plus être naïf. La grande épidémie, qu’il s’agisse du coronavirus ou autre, il faut s’y préparer", répondait dimanche matin, au micro du Grand Rendez-vous sur Europe 1, Cédric Villani, député de l'Essonne et candidat aux municipales dans la capitale.