Déconfinement : "Il n'y a aucun signe de rebond" du coronavirus, assure un épidémiologiste

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En France, le déconfinement se met progressivement en place (photo d'illustration). 2:25
En France, le déconfinement se met progressivement en place (photo d'illustration). © AFP
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Invité samedi d'Europe 1, l'épidémiologiste Antoine Flahault a dressé un premier bilan de cette semaine de déconfinement. Pour l'instant, assure-t-il, "il n'y a aucun signe de rebond" de l'épidémie. 
INTERVIEW

Après 5 jours de déconfinement, et alors que ce premier week-end, sous haute surveillance, sonne comme un test, le spectre d'une deuxième vague de l'épidémie de coronavirus demeure. Pourtant, au micro d'Europe 1, l'épidémiologiste et professeur à l'Université de Genève Antoine Flahault, qui rappelle l'importance de respecter les consignes des autorités sanitaires, constate que, pour l'heure, "la décrue se confirme" dans le pays. 

"On est dans une période où on regarde la situation de façon très attentive, comme du lait sur le feu, pour éviter d'avoir un effet rebond", analyse le spécialiste. Mais, ajoute-t-il, "pour l'instant, force est de constater que le taux de reproduction effectif (R) du virus, qui doit rester en dessous de 1, est bien contrôlé en France. Depuis six jours consécutifs, il est au-dessous de 1, et on a moins de 1.000 cas par jour". Ainsi, assure Antoine Flahault, "la décrue se confirme, et il n'y a aujourd'hui aucun signe de rebond". 

"La stratégie est d'opérer une sorte de sas de déconfinement"

En France, alors que le déconfinement se met progressivement en place, mais que les restaurants et bars restent par exemple fermés, "la stratégie adoptée, comme dans la plupart des pays européens, est d'opérer une sorte de sas de déconfinement", explique l'épidémiologiste.

"Cela va durer trois semaines-un mois, pendant lesquels on va être sous haute surveillance, mais sans lâcher tous les freins. On recommande à tout le monde de participer à cet effort, d'augmenter la distanciation sociale, de porter des masques, de tester plus et de tracer davantage les contacts des gens porteurs", poursuit Antoine Flahault. "Et tout cela va participer à accompagner le déconfinement pour qu'au bout d'un mois, s'il n'y a aucun rebond, on puisse libérer beaucoup plus la population et avoir le plus possible un retour qui ressemble à la vie d'avant." 

L'objectif, rappelle-t-il, "n'est pas d'empêcher qu'il puisse y avoir des chaînes de transmission dans des environnement clos, car cela devrait survenir, le virus continuant de circuler". Le but est plutôt de "protéger les seniors et les plus vulnérables, et d'éviter l'engorgement des réanimations". Or, conclut Antoine Flahault, cet objectif est pour l'instant tenu : "La tension diminue dans les hôpitaux." 

Europe 1
Par Antoine Terrel