Comment se fabrique la glace carbonique, essentielle pour les vaccins contre le Covid-19 ?

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Les doses du vaccin de Pfizer-BioNTech doivent être transportées à une température de -70°C. 1:37
Les doses du vaccin de Pfizer-BioNTech doivent être transportées à une température de -70°C. © NICOLAS ASFOURI / AFP
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Le vaccin Pfizer-BioNTech contre le coronavirus doit être conservé à -70°C. Alors pour assurer son transport, une seule solution : la glace carbonique. Reportage dans une usine de Mayenne, où l’on s’attend à une explosion de la demande. Le gérant compte même tripler sa production.
REPORTAGE

La campagne de vaccination doit débuter à la mi-janvier en France et elle repose sur un important défi logistique. Les doses du vaccin de Pfizer-BioNTech contre le Covid-19 devront en effet être transportées à une température de -70°C, du jamais vu pour un vaccin. Alors pour créer ce froid polaire indispensable au transport du vaccin, une seule arme : le CO2, permettant la fabrication d’une glace carbonique et sèche. 

Des conteneurs avec 25 kilos de glace carbonique

"La glace est à -80°C, donc on évite d’y toucher sans gants. Une fois que ce sera fini, le conteneur sera fermé et prêt à être expédié", explique Damien Deste, gérant de BG Technologie, au micro d’Europe 1. Pour le transport, le laboratoire Pfizer a fabriqué des conteneurs spécifiques de la taille d’une valise, qui peuvent transporter jusqu’à 5.000 doses de vaccins, réfrigérés par 25 kilos de glace carbonique.

Toutes les heures, chaque machine de l’entreprise d’Evron, en Mayenne, crache une tonne de paillettes de glace carbonique de 3 centimètres de long et 16 millimètres de diamètre. "C’est capital. Le transport de ce vaccin doit se faire autour de -70°C. La glace carbonique est naturellement à -78°C pendant quatre jours", développe Damien Deste.

"Le téléphone a sonné toute la semaine"

"Il y a une tension", constate-t-il. "Toute la semaine, le téléphone a sonné. Des hôpitaux, des CHU, des laboratoires nous ont demandé les précautions de sécurité nécessaires pour manipuler la glace carbonique. Le taux de CO2 dans l’air ambiant doit être détecté, donc il faut des détecteurs pour ne pas que le taux de CO2 monte trop haut, sinon ça peut être dangereux pour la santé". "On est fier de participer à cette aventure et d’éventuellement pouvoir sauver des vies grâce à notre glace", ajoute également Damien Deste.

BG technologie s’attend à une explosion de la demande et compte, très vite, tripler sa production.

Europe 1
Par François Coulon édité par Léa Leostic