Audrey Derveloy 10:51
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Alexandre Dalifard
Cet hiver, la France a été touchée par une triple épidémie : le Covid-19, la grippe et la bronchiolite. Cette dernière est responsable de 40% des hospitalisations durant l'hiver. Face à cela, l'entreprise française de santé Sanofi a développé un vaccin qui pourrait éviter 80% de ces hospitalisations. Sa présidente en donne tous les détails dans l'émission "La France bouge".

Où en sommes-nous après l'électrochoc du Covid-19 ? Emmanuel Macron a fait du rapatriement de la production de médicament une priorité. Trois ans plus tard, des pénuries dans les pharmacies ont été constatées cet hiver avec la triple épidémie qu'a connue la France. Covid, grippe et bronchiolite ont fait mauvais ménage dans l'Hexagone durant la saison hivernale. Cela a généré un pic de la demande de plus de 40%. Cependant, concernant la bronchiolite, où neuf enfants sur dix sont contaminés avant l'âge de 2 ans, des résultats encourageants ont été annoncés.

Sanofi, l'entreprise française mondiale de santé innovante, a développé un traitement préventif contre la bronchiolite, liée au virus VRS. Celui-ci est déjà autorisé et approuvé par les autorités européennes mais il n'est toujours pas commercialisé. Pour l'occasion, Audrey Derveloy, présidente de Sanofi, était l'invitée de La France bouge sur Europe 1. Au micro d'Elisabeth Assayag, elle revient sur ce vaccin et en présente les détails et les caractéristiques.

80% des hospitalisations évitées

"La bronchiolite, c'est fréquent et c'est grave", alerte d'abord la présidente de Sanofi. Un enfant sur trois qui arrive aux urgences est hospitalisé et cela provoque la saturation des hôpitaux. "Plus de 40% des lits pédiatriques dans les hôpitaux l'hiver sont occupés par la bronchiolite", souligne-t-elle. Face à cela, le vaccin contre cette maladie, développé par Sanofi, pourrait permettre d'éviter 80% des hospitalisations. "Ce sont les données de l'étude Harmonie qui ont été présentées le semaine dernière, réalisée sur plus de 8.000 enfants dont 2.000 en France, et qui montrent qu'on aurait une vraie solution pour désaturer les hôpitaux dès l'hiver prochain. C'est une réelle avancée clinique", se réjouit Audrey Derveloy qui espère mettre le vaccin à disposition pour la prochaine saison hivernale.

Mais alors, pourquoi attendre ? "Il faut faire les choses correctement. Donc il y a un cadre réglementaire, nous le suivons et nous faisons aussi des discussions, main dans la main, avec les autorités. C'est un travail qui doit se faire dans la co-construction. Puis, les sociétés savantes sont vraiment parties prenantes aussi de ces décisions, puisque ce sont les médecins qui vont pouvoir expliquer aux parents l'intérêt de ce traitement", explique-t-elle. En revanche, pour elle, "ce n'est pas acceptable que la bronchiolite soit responsable de 40% d'hospitalisation l'hiver quand on a une solution qui peut éviter ça". "Donc c'est notre responsabilité d'arriver à être prêts pour l'épidémie", affirme la dirigeante.

"Un geste pour couvrir une saison d'épidémie"

Alors, comment se déroulera cette campagne de vaccination ? "Les équipes vont travailler pour informer les pédiatres, en collaboration avec les sociétés savantes. Il reste encore à finaliser les détails du cadre, mais l'idée est que les nourrissons de moins d'1 an puissent bénéficier et être couverts pour cette épidémie", précise la présidente de Sanofi. Concernant la prise, cela représente une injection d'un anticorps, ce qui veut dire qu'il y a une protection immédiate et que l'enfant est couvert pendant la saison. "Un traitement préventif, un geste pour couvrir une saison d'épidémie", assure Audrey Derveloy.

La présidente de Sanofi espère vraiment que toutes les familles et les professionnels de santé puissent bénéficier de cette innovation technologique. "La France doit être leader sur ce sujet-là", affirme-t-elle.