Jean-Michel Clément 1280 2:30
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R.Da. , modifié à
Jean-Michel Clément, l'un des députés LREM opposés au projet de loi asile et immigration du gouvernement, entend ouvertement voter contre le texte.
INTERVIEW

Il a l'intention de s'opposer au projet asile et immigration du gouvernement. Ce texte polémique, qui agite les dissensions au sein d'une majorité issue d'horizons politiques diverses, doit être soumis au vote des députés ce week-end. "On me dit que s'abstenir est un péché véniel et que voter contre est un péché mortel. Vous savez… mourir pour des idées n'est pas quelque chose de si difficile à porter", ironise vendredi, au micro de la matinale d'Europe 1, le député LREM de la Vienne Jean-Michel Clément, chef de file des élus En Marche! qui sont vent debout contre le projet de loi de Gérard Collomb. Le député, en effet, assure ne pas craindre une exclusion à l'issue du scrutin.

Un affaiblissement des droits. "Ce que je reproche, c'est la philosophie d'ensemble du texte qui, à chaque article, se veut plus répressif que ne l'était le précédent", explique l'élu. "On va mettre en place un dispositif législatif plus compliqué et donc plus difficile pour les demandeurs d'asile", pointe-il. "On est en train d'affaiblir les droits de ceux qui sont dans la difficulté quand ils arrivent sur notre territoire, et puis on va compliquer le travail des magistrats et des associations. Bref, on va emboliser un système qui ne fonctionne déjà pas", résume-t-il.

"Des nuances de vision". D'après les responsables du groupe LREM, dont Aurore Bergé sa porte-parole, les contestations au sein de la majorité restent limitées. "Je ne sais pas s'il faut parler de clivage, mais il y a manifestement des nuances de vision de la société", reconnait Jean-Michel Clément, ex-socialiste. "Il y a une vision plus humaniste, et je dois la représenter à n'en pas douter. Il y a aussi une perception de l'accès au droit, et tout simplement de se rappeler, quand on légifère, que derrière chaque article, chaque amendement, chaque alinéa, il y a des femmes et des enfants".

 

Vers une abstention significative. Combien de membres de la majorité voteront finalement contre ce texte ? "Il y a des voix qui vont s'élever au fur et à mesure du débat, ça a déjà commencé", répond Jean-Michel Clément. "Il y en a qui ne se sont pas exprimés, mais qui n'en pensent pas moins. Iront-ils jusqu'à dire leur désaccord comme moi je vais le faire en votant contre, ou vont-ils se contenter de s'abstenir ? Je crois que dans ce texte l'abstention sera aussi importante à observer", relève le député.