Taquet veut "criminaliser les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans"

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adrien taquet 1:32
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Alors que le hashtag #MeTooInceste a libéré la parole sur les réseaux sociaux, dans le sillage de l'affaire Olivier Duhamel, Adrien Taquet a assuré mardi sur Europe 1 que le gouvernement réfléchissait à renforcer la loi. "Nous devons trouver les moyens juridiques pour criminaliser les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans", a expliqué le secrétaire d'Etat à l'Enfance. 
INTERVIEW

Depuis l'affaire Duhamel, le tabou de l'inceste semble avoir enfin volé en éclat en France. Sur les réseaux sociaux, le hashtag #MeTooInceste a contribué à libérer la parole des victimes sur les réseaux sociaux. Adrien Taquet, le secrétaire d'Etat chargé de l'Enfance, a assuré que le gouvernement cherchait à traduire dans les textes cette libération de la parole. "Nous devons trouver les moyens juridiques pour criminaliser les relations sexuelles entre un adulte et un enfant de moins de 15 ans", a affirmé mardi sur Europe 1 l'ancien député des Hauts-de-Seine.

"Effectivement, il y a une asymétrie entre un enfant, en termes de développement affectif, émotionnel, et un adulte", a précisé Adrien Taquet. "Donc ce sont des choses sur lesquelles nous travaillons en ce moment. Et sur lesquelles nous allons prendre des décisions."

La question du consentement de retour au centre du débat

Parmi ces décisions, certaines pourraient concerner le consentement. Nombre d'associations appellent à un non-consentement automatique dans les cas d'inceste ou lorsque les mineurs de moins de 15 ans sont concernés. "En ce qui concerne l’inceste, on est dans le cadre d’une cellule familiale où effectivement les phénomènes d’emprise, de conflits de loyauté sont bien plus importants que dans d’autres cadres", a expliqué Adrien Taquet, rappelant tout de même que d'autres milieux sont concernés, comme le domaine du sport.

La volonté gouvernementale semble donc de remettre la question du consentement au coeur du sujet, deux ans après les débats sur la loi Schiappa. A l'époque, la présomption de non-consentement avait été écartée par l'exécutif pour motif d'inconstitutionnalité potentielle. Le secrétaire d'Etat a précisé qu'il s'appuierait sur le rapport d'une députée, Alexandra Louis, sur cette fameuse loi Schiappa, pour prendre ses décisions, notamment sur la question du "seuil d'âge".