Soupçon de favoritisme à Las Vegas : Macron "totalement hors de cause", affirme Sapin

© PASCAL LACHENAUD / AFP
  • Copié
avec AFP
Michel Sapin a pris la défense de l'ancien ministre de l'Economie, soupçonné de favoritisme à Las Vegas en 2016.

Emmanuel Macron, son cabinet et le ministère de l'Economie "sont totalement hors de cause" dans le possible délit de favoritisme concernant l'organisation d'une soirée à Las Vegas en 2016, évoquée par le Canard Enchaîné, a indiqué mercredi le ministre de l'Economie et des Finances Michel Sapin.

Sapin rejette la responsabilité sur Business France. "C'est un dysfonctionnement de Business France. Il lui appartenait, si elle considérait que les délais étaient trop courts, de dire qu'elle ne pouvait pas organiser l'événement selon les règles, ce qui n'a pas été fait", a ajouté le ministre. Dans son édition datée de mercredi, le Canard enchaîné indique que l'Inspection générale des finances (IGF) s'intéresse à un possible délit de favoritisme concernant l'organisation d'une soirée à Las Vegas en 2016, où Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, avait rencontré des entrepreneurs français. Lors de cette soirée, qui s'était tenue le 6 janvier 2016, en plein Consumer Electronics Show (CES) de Las Vegas (Etats-Unis), grand-messe mondiale de l'innovation technologique, Emmanuel Macron avait été ovationné par plus de 500 personnalités et dirigeants de start-up français.

Aucun appel d'offres lancé, selon le Canard Enchaîné. "Cette opération de séduction, montée dans l'urgence, à la demande expresse du cabinet du ministre, a été confiée au géant Havas par Business France", organisme de promotion des entreprises françaises à l'étranger, "sans qu'aucun appel d'offres ait été lancé", écrit l'hebdomadaire satirique. Selon Bercy, Michel Sapin "a naturellement missionné l'IGF" lorsqu'il a été "informé de ces dysfonctionnements". "Si l'inspection concluait à l'existence d'un non respect des règles, elle devrait saisir la justice mais cette saisine ne concerne en aucun cas Emmanuel Macron, son cabinet ou le ministère", ajoute-t-on.

Le respect des règles. D'après l'hebdomadaire, qui reprend les conclusions de l'IGF, Business France ou certains de ses salariés "pourraient être incriminés pour 'favoritisme'" et Havas France ou ses dirigeants "au titre de la complicité ou du recel". Interrogé sur le sujet, le candidat d'En Marche ! à la présidentielle a lui aussi nié mardi soir toute implication dans cette affaire. "Je n'ai pas pris connaissance de cela (…) je ne pense pas que ce soit mon ministère qui ait organisé un événement sans appel d'offres", a-t-il déclaré. "Mon ministère, lorsque j'étais ministre, a toujours respecté les règles des appels d'offres et des marchés publics", a également assuré l'ancien locataire de Bercy.