"C'est très tendu, je pense qu'on joue gros politiquement sur ce coup", affirme un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur auprès d'Europe 1. Pour Gérald Darmanin , le déplacement ce mercredi en Corse est risqué, quelques jours après les nombreux incidents en marge des manifestations de soutien à Yvan Colonna . Héritant de la responsabilité du dossier corse, après le départ de Jacqueline Gourault au Conseil constitutionnel, le ministre de l'Intérieur a une difficulté : Emmanuel Macron ne voulait surtout pas que la crise corse ne s'invite dans la campagne présidentielle .
Envoyer un message clair aux émeutiers
Le gouvernement a d'ailleurs tout fait dans les premiers jours pour en parler le moins possible. Mais les faits sont là, et l'ultra violence contre les policiers et les gendarmes a atteint des sommets : plus de 80 d'entre eux ont été blessés en trois jours dans de gros affrontements. Il a notamment fallu réapprovisionner en urgence les stocks de munitions.
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Gérald Darmanin se rend sur place pour tenter de faire baisser la tension, mais aussi montrer de la fermeté. Le message du ministre de l'Intérieur doit être clair : maintenant ça suffit, il faut que les violences s'arrêtent, avec une attention particulière pour la jeunesse. Un défi complexe, d'autant que le locataire de la place Beauvau le sait : contrairement à ce qui est annoncé, il ne pourra pas quitter l'île tant que les violences continuent. Un paramètre que les émeutiers ont bien compris.
Le ministre de l'Intérieur a par ailleurs assuré que le gouvernement était prêt "à aller jusqu'à l'autonomie" de l'île, dans les colonnes de Corse-Matin. "Après, la question est de savoir ce qu'est cette autonomie. Il faut qu'on en discute", a-t-il précisé.