SNCF : Borne défend à l'Assemblée une réforme "impérative", rejette les "fantasmes"

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La ministre a aussi récusé l'idée que la réforme organise "la casse du service public ferroviaire". © GERARD JULIEN / AFP
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Alors que la réforme du ferroviaire est débattue à l'Assemblée nationale, la ministre des Transports a défendu lundi une réforme qui répond aux "attentes des concitoyens". 

La ministre des Transports, Elisabeth Borne, a défendu lundi à l'Assemblée nationale une réforme "impérative" du système ferroviaire, plaidant pour un débat "délesté des fantasmes et des contre-vérités qui le polluent". "Si nous proposons à la Nation un nouveau pacte ferroviaire, c'est parce qu'une réforme du rail est impérative", a déclaré la ministre à l'ouverture des débats en première lecture sur le projet de "nouveau pacte ferroviaire".

"Mieux satisfaire" les usagers. Elle a mis en avant un diagnostic "aussi clair qu'alarmiste", avec un modèle économique qui "n'est plus soutenable, menacé par un endettement vertigineux". La dette est devenue selon Elisabeth Borne le "boulet" de la SNCF. Pour la ministre, qui fut directrice de la stratégie de la SNCF entre 2002 et 2007, la réforme "urgente" a "pour seul objectif de mieux satisfaire, enfin, les attentes de nos concitoyens, en particulier pour leur transport du quotidien". Elle a récusé toute volonté du gouvernement de "passer en force", alors que le recours aux ordonnances sur certaines dispositions du texte a été critiqué, et assuré que la réforme n'était "pas contre les cheminots". Elle a souhaité "un dialogue sincère et constructif, délesté des fantasmes et des contre-vérités qui le polluent".

Ni de "casse" ni de "privatisation". Elle a aussi récusé l'idée que la réforme organise "la casse du service public ferroviaire" ou qu'elle prépare "la privatisation rampante" de l'entreprise. Le gouvernement a prévu par le biais d'un nouvel amendement d'inscrire dans la loi le principe du changement de statut de la SNCF. La ministre s'exprimait devant les députés alors que non loin de là, plusieurs centaines de cheminots et sympathisants, dont des députés communistes et Insoumis, s'étaient rassemblés sur l'esplanade des Invalides pour défendre "l'avenir du service public ferroviaire", au quatrième jour d'une grève toujours très suivie.

 

L'opposition monte au créneau. Les députés de gauche sont montés au créneau d'emblée lundi contre la réforme ferroviaire, les Insoumis accusant notamment le gouvernement de vouloir "porter à la ceinture le scalp" des cheminots, LR dénonçant aussi un texte "bâclé". Peu après l'ouverture des débats, le groupe Nouvelle Gauche a défendu une motion de rejet, espérant ainsi couper court aux discussions. Outre "la méthode" du gouvernement et "le choix qui a été fait des ordonnances", le député socialiste Christophe Bouillon a mis en avant "des divergences" sur la dette ou le statut des cheminots dont "rien de rien" n'exige l'"extinction". Répétant à l'envi "nous ne sommes pas d'accord", il a aussi exprimé des "inquiétudes" sur le changement de statut de la SNCF en société anonyme car "ça a été souvent l'amorce de privatisations". La motion a été rejetée par 50 voix contre 13. Dans la foulée, LR a défendu une motion de renvoi en commission, rejetée elle aussi par 55 voix contre 26.