Rentrée du gouvernement : les pièges qui attendent Emmanuel Macron

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De retour à Paris, Emmanuel Macron va devoir s’atteler aux derniers arbitrages budgétaires. © JULIEN DE ROSA / POOL / AFP
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De retour de vacances, le président de la République va devoir s'atteler à un agenda des réformes très chargé, tout en faisant face aux possibles suites de l'affaire Benalla.

Fini les vacances pour le chef de l’État. Emmanuel Macron est de retour au palais de l’Élysée mardi soir, après quinze jours passés au fort de Brégançon. Les semaines à venir s’annoncent chargées pour le président de la République qui va devoir, pêle-mêle, gérer les derniers arbitrages budgétaires, lancer son plan pauvreté et sa réforme du système de santé ou encore se frotter aux partenaires sociaux avec la révision de l’indemnisation chômage. Et la tâche semble d’autant plus ardue qu’Emmanuel Macron devra aussi, sur un plan technique, faire face au ralentissement de l’économie avec des prévisions de croissance revue à la baisse cet été, et, en matière d’image, gérer les suites de l’affaire Benalla

Une popularité entamée. Bref, la rentrée de l’an 2 du quinquennat paraît semée d’embûches pour le locataire de l’Élysée, quand, par ailleurs, sa côte de popularité fléchit déjà. "Elle a connu une légère baisse pendant l’été, en tout cas, d’après les chiffres dont l’on dispose et qui remontent au mois de juillet […]", relève au micro d’Europe Midi Jérôme Fourquet, le directeur du département Opinion de l’Ifop. "Il y a une baisse qui n’est pas aussi frappante qu’on aurait pu le penser au regard du contexte de l’affaire Benalla", nuance-t-il cependant. "Cette affaire, versus la victoire des Bleus, a produit une annulation des contraires. On est sur une baisse d’un point, ce qui n’est pas énorme", relève-t-il. L’érosion générale de la cote de popularité du président suit donc une évolution globalement similaire à celle de ses prédécesseurs après un an de pouvoir. "Il est toujours plus populaire que ne l’était François Hollande, mais il est au même niveau que Nicolas Sarkozy en 2008."

Un agenda chargé pour faire oublier les polémiques. Si l’affaire Benalla a conduit à "une fragilisation de l’image d’Emmanuel Macron en terme d’honnêteté et d’exemplarité", selon la formule du sondeur, le chef de l’État, pour espérer donner le change et inverser la tendance, a tout intérêt à miser sur l’un de ses points forts : sa capacité à abattre de la besogne et à conduire le train des réformes à un rythme d’enfer. La cadence pourrait donc encore s’accélérer après la pause estivale, manière de montrer que l’exécutif est à la tâche malgré les polémiques.

Hélène Jouan, chef du service politique d’Europe 1, évoque ainsi, également dans Europe Midi, "une stratégie un peu fumigène, à coups d’annonces de réformes à marche forcée". "Mercredi, on va avoir un Conseil des ministres de la rentrée […] et puis, sûrement, un porte-parole du gouvernement qui va nous égrener la litanie des reformes qui vont occuper tout l’automne jusqu’au début 2019", avance-t-elle. Avec le risque de voir certaines d'entre elles crisper les électeurs…

De la pédagogie sur le prélèvement à la source. Car, outre l’épineux sujet des retraites qui doit être abordé en 2019 - et qui s’annonce déjà comme le gros chantier du quinquennat -, l’entrée en vigueur du prélèvement à la source en janvier pourrait bien brusquer les Français, puisqu’il va d’abord se traduire par une baisse du chiffre en bas de leur bulletin de paie. "Ça va être un enjeu de pédagogie très important pour le gouvernement", souligne Hélène Jouan. La journaliste pointe d’ailleurs "l’hyperactivisme de Gérald Darmanin [ministre de l’Action et des Comptes publics, ndlr], qui se déploie et va se déployer plus encore dans les semaines et les mois qui viennent, pour essayer d’expliquer au maximum aux Français et aux salariés que l’on croira gagner moins, mais pas du tout". Pour Jérôme Fourquet, le prélèvement à la source risque "même d’annuler les mesures positives qui vont entrer en vigueur, à savoir la suppression de la taxe d’habitation et la suite de la baisse des cotisations salariales". 

Europe 1
Par Romain David