Réforme des retraites : "dire qu'un système par points serait égalitaire est faux", affirme Adrien Quatennens

, modifié à
  • A
  • A
Adrien Quatennens était l'invité du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1. 2:00
Adrien Quatennens était l'invité du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1. © Europe 1
Partagez sur :
Invité du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1, le député LFI a déploré que le projet de réforme porté par Jean-Paul Delevoye ne prenne pas en compte "l'espérance de vie". 
INTERVIEW

Les recommandations du Haut commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, doivent être présentées le 18 juillet. Mais les grandes lignes du projet inquiètent déjà Adrien Quatennens, chargé de ce dossier à la France Insoumise (LFI). Invité du Grand Rendez-vous, dimanche sur Europe 1, le député du Nord a pointé un futur système "inégalitaire". 

"Ça va être encore pire avec un système par points"

"Qu'on puisse s'améliorer par rapport au système d'aujourd'hui, c'est sûr", pose celui qui vient d'être nommé coordinateur de LFI. "Néanmoins, dire qu'un système par points serait par nature égalitaire, c'est faux", poursuit-il. "Monsieur Delevoye nous explique notamment que la valeur du point pourrait être fonction de l'espérance de vie de la génération en cours.... Oui mais que fait-il des écarts d'espérance de vie qui existent au sein d'une même génération ? Il n'en parle pas."

"Entre les 5% les plus riches et les 5% les plus pauvres de ce pays, il y a en moyenne 13 années d'écart d'espérance de vie", illustre le député LFI. "De la même manière, entre un salarié et un cadre, il y a six années d'espérance de vie. Qu'en fait monsieur Delevoye ? Ça va être encore pire avec un système par points."

"L'âge légal de départ ne sera plus que théorique"

Autre écueil de la réforme telle qu'elle se dessine selon Adrien Quatennens : la définition d'un "âge d'équilibre" du départ à la retraite, qui pourrait être fixé à 64 ans - sans que la possibilité de partir à 62 ans ne soit supprimée. "L'âge légal de départ ne sera plus que théorique, puisqu'on va organiser les conditions pour que vous renonciez à partir à 62", craint le député. "C'est un problème."

Pour le numéro deux de LFI, la problématique est en outre étroitement liée à "la situation de l'emploi et du chômage dans ce pays" : "Plus vous retardez l'âge de départ effectif, plus vous créez une situation de chômage aux deux extrémités de la vie active", estime-t-il.