Rafales en Inde : les propos de Hollande "ne rendent pas service à la France"

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La France n'a "pas eu le choix" du partenaire indien de Dassault dans le cadre de l'achat de 36 Rafale par New Delhi en 2016, a affirmé vendredi à Mediapart François Hollande.
La France n'a "pas eu le choix" du partenaire indien de Dassault dans le cadre de l'achat de 36 Rafale par New Delhi en 2016, a affirmé vendredi à Mediapart François Hollande. © AFP
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Le secrétaire d'État français aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne a critiqué la sortie de l'ex-chef de l'État, qui a ravivé la polémique en Inde sur la vente d'avions Rafale en 2016. 

L'ex-président français François Hollande, qui a ravivé vendredi la polémique en Inde autour de l'achat de 36 avions de chasse Rafale en 2016, "ne rend pas service à la France", a critiqué dimanche le secrétaire d'État français aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

"Je trouve que cette petite phrase prononcée à l'étranger, s'agissant de relations internationales importantes entre la France et l'Inde, ne rend service à personne et ne rend surtout pas service à la France", a réagi sur Radio J le secrétaire d'État français aux Affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne. "Parce qu'on n'est plus en fonction, porter atteinte quelque part au partenariat stratégique entre l'Inde et la France en tenant des propos qui manifestement suscitent la polémique en Inde n'est pas à la hauteur de la situation", a-t-il insisté.

Une vaste polémique en Inde. La France n'a "pas eu le choix" du partenaire indien de Dassault dans le cadre de l'achat de 36 Rafale par New Delhi en 2016, a affirmé vendredi à Mediapart François Hollande, selon qui "c'est le gouvernement indien qui a proposé ce groupe de services et Dassault qui a négocié avec (le magnat Anil) Ambani". Des propos qui ont relancé une vaste polémique en Inde, où l'opposition accuse le gouvernement de Narendra Modi d'avoir favorisé le conglomérat privé d'un industriel présumé proche du Premier ministre comme bénéficiaire d'une partie des "compensations" contractuelles de Dassault, au détriment de l'entreprise publique Hindustan Aeronautics Limited (HAL).

Un conflit d'intérêt autour du financement d'un film de Julie Gayet. François Hollande use notamment de cet argument pour se défendre de tout possible conflit d'intérêts avec Reliance Group, dirigé par le magnat Anil Ambani, qui a partiellement financé en 2016 un film de sa compagne Julie Gayet. "C'est pourquoi, par ailleurs, ce groupe n'avait pas à me faire quelque grâce quoi que ce soit. Je ne pouvais même pas imaginer qu'il y avait un quelconque lien avec un film de Julie Gayet". Officiels indiens et français répètent de leur côté que le constructeur Dassault a librement choisi de s'associer à Reliance Group, qui n'avait aucune expérience préalable dans le domaine de l'aéronautique.