Qui sont les quatre candidats à la tête du PS ?

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Stéphane Le Foll, Emmanuel Maurel, Luc Carvounas et Olivier Faure débattront mercredi soir. © Montage AFP
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Emmanuel Maurel, Stéphane Le Foll, Olivier Faure et Luc Carvounas sont candidats pour reprendre la tête d'un PS moribond. Avec chacun leur positionnement politique.

"Au moins, toutes les tendances sont représentées", se félicite Luc Carvounas. Le député du Val-de-Marne est l'un des quatre candidats pour le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste. À ses côtés, Stéphane Le Foll, Olivier Faure et Emmanuel Maurel tenteront, eux aussi, de séduire les militants les 15 et 29 mars prochains. Et, avant cela, mercredi 7 mars, lors du débat télévisé qui les opposera sur LCI à partir de 21 heures.  

L'occasion pour eux de présenter leur projet pour redresser un PS durement frappé par la défaite. De montrer qu'ils peuvent incarner l'avenir de la gauche, entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron. Et de mettre en exergue leurs différences pour se démarquer.

Emmanuel Maurel, le plus à gauche

Eurodéputé de 44 ans, Emmanuel Maurel défend un "socialisme décomplexé". Autrement dit, il incarne l'aile gauche de son parti, anti-libérale et écologiste. Celle qui ne voit pas nécessairement d'un mauvais œil un rapprochement avec la France insoumise et compte faire du PS un parti clairement d'opposition à la politique d'Emmanuel Macron.

Logiquement, ce positionnement qu'Emmanuel Maurel revendique être celui des "fondamentaux" du socialisme parle aux déçus du quinquennat Hollande et aux électeurs de Benoît Hamon à la primaire. Et le déficit de notoriété qui est le sien dans cette élection ne sera pas un obstacle, selon lui. "Les militants me connaissent. C'est un congrès du PS, pas la présidentielle", rappelle-t-il au micro de LCP. D'autant qu'Emmanuel Maurel n'en est pas à son coup d'essai. Il était déjà candidat au Congrès de Toulouse en 2012 et sa motion "Maintenant la gauche" avait récolté, à l'époque, 13% des suffrages.

Stéphane Le Foll, monsieur loyal

Le député de la Sarthe de 58 ans a beau être le plus connu des quatre candidats, ce n'est peut-être pas un cadeau. Car sa notoriété, il la doit aux cinq années du quinquennat de François Hollande, en tant que porte-parole et ministre de l'Agriculture. Aujourd'hui, le dernier des Hollandais ne cesse donc d'être associé à l'ancien président, ses erreurs et ses errements. Et tente d'en faire une force. "La fidélité, la loyauté, c'est parfois passé de mode. Eh bien moi j'estime que ça devrait revenir à la mode", aime-t-il répéter. Ce Sarthois pur jus met aussi en avant l'expérience et la "solidité" apportées par ces cinq années au sein de l'exécutif. Selon lui, cela lui permettra de rendre le Parti socialiste de nouveau audible et de s'opposer aux autres poids lourds, de Jean-Luc Mélenchon à Laurent Wauquiez en passant par Marine Le Pen.

Côté ligne politique, Stéphane Le Foll est considéré comme Macron-compatible par bien des militants. Comme l'illustre son abstention lors du vote de confiance au gouvernement, l'ancien ministre de l'Agriculture ne souhaite pas incarner une opposition systématique mais "résolue et intelligente" à la politique macroniste. Ainsi, il assume un "clivage sur la question fiscale" avec le président, puisqu'il est contre le remplacement de l'ISF par l'IFI, ou encore la hausse de la CSG.

Olivier Faure, le favori

En tant que chef de file des députés Nouvelle Gauche (ex-PS) à l'Assemblée, Olivier Faure fait figure de favori pour le Congrès. "J'ai envie de conduire la renaissance des socialistes", a-t-il expliqué dans les colonnes du Monde. Le député de la Seine-et-Marne veut notamment monter au créneau sur le thème des inégalités sociales, et notamment des inégalités créées par la modernité, comme le numérique ou la mondialisation.

Pour Olivier Faure, qui vient de la branche rocardiste de son parti, le PS doit donc se trouver une place entre le "libéralisme jupitérien" d'Emmanuel Macron et le "populisme protestataire" de Jean-Luc Mélenchon. Sur le fond, peu de choses le séparent de Stéphane Le Foll, et lui aussi s'est abstenu sur le vote de confiance. "C'est sont des frères jumeaux", estime d'ailleurs leur adversaire, Luc Carvounas.

Luc Carvounas, tonton flingueur

Le député du Val-de-Marne a été le premier à se déclarer officiellement dans la course, ce qui lui fait dire aujourd'hui qu'il n'est "pas un candidat de substitution". Sous-entendu : pas comme ses petits camarades, qui n'y seraient allés que parce que Najat Vallaud-Belkacem, l'ancienne ministre de l'Éducation a, elle, jeté l'éponge. D'ailleurs, en privé, Luc Carvounas n'aime rien tant que taper sur lesdits camarades.

Côté positionnement politique, Luc Carvounas veut des barrières claires entre le PS et LREM. En revanche, il souhaite "parler à tous les électeurs" de gauche afin de réaliser "l'union de la gauche rose-rouge-verte". Et porter une voix forte sur des thèmes comme l'immigration, afin de sortir de la "vision comptable" proposée par la majorité, l'éducation ou encore l'écologie.