Présidence de l'Assemblée : et si c'était une femme ?

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Barbara Pompili, candidate à la présidence de l'Assemblée nationale, pourrait bien mettre des bâtons dans les roues de Richard Ferrand.
Barbara Pompili, candidate à la présidence de l'Assemblée nationale, pourrait bien mettre des bâtons dans les roues de Richard Ferrand. © JACQUES DEMARTHON / AFP
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Alors que les spéculations sur l'identité du remplaçant de François de Rugy au Perchoir vont bon train, beaucoup à l'Assemblée espèrent que ce sera une remplaçante.

Depuis le 17 juin 1789, 246 personnes se sont succédé à la présidence de l'Assemblée nationale. Et toutes, absolument toutes étaient des présidents. Mercredi prochain, les députés devront choisir le 247e, celui ou celle d'entre eux qui succèdera à François de Rugy, nommé ministre de la Transition écologique mardi. Et beaucoup espèrent qu'il s'agira (enfin) d'une femme.

Occasion ratée. En juin 2017, déjà, tous les espoirs étaient permis. Du fait de la majorité écrasante de députés marcheurs à l'Assemblée, la personne au Perchoir est forcément issue de leur rang. Tout se joue donc pendant l'élection interne au groupe. À l'époque, Sophie Errante et Brigitte Bourguignon avaient bien tenté de tirer leur épingle du jeu face à François de Rugy. Mais celui-ci, grandissime favori au vu de sa notoriété et son expérience, l'avait emporté aisément. Ce qui n'avait pas manqué de susciter des critiques de l'opposition et quelques regrets en interne.

Quatre candidat(e)s. Un peu plus d'un an plus tard, LREM a l'occasion de rectifier le tir. Les candidats avaient jusqu'à mercredi soir pour se déclarer. Finalement, cinq d'entre eux se sont positionnés sur la ligne de départ : Richard Ferrand, actuel patron du groupe, Yaël Braun-Pivet, présidente de la Commission des Lois, Cendra Motin, éphémère mais appréciée vice-présidente au début de la législature, Barbara Pompili et Philippe Folliot, ancien UDI passé LREM. Pendant quelques heures, l'hypothèse d'un retrait de Cendra Motin et Yaël Braun-Pivet pour se rallier à Barbara Pompili, et ainsi maximiser les chances de faire élire une femme, a circulé. Hypothèse battue en brèche jeudi midi, lorsque la seconde a bien retiré sa candidature… mais au profit de Richard Ferrand, dont elle estimait pourtant quelques heures plus tôt seulement qu'il n'incarnait pas suffisamment le renouvellement.

" L'élection d'une femme serait le symbole d'une Assemblée nationale moderne, en prise avec son temps et emblématique de notre société. "

Barbara Pompili plébiscitée. Cette volte-face n'empêche pas une partie des marcheurs de toujours appeler de leurs vœux l'élection d'une femme. Dans un communiqué, l'élu du Maine-et-Loire Matthieu Orphelin a estimé jeudi que cela constituerait "un signal fort pour l'égalité entre les hommes et les femmes". Rappelant que "l'égalité est l'ADN d'En Marche", le député a souligné que l'élection d'une femme au Perchoir "incarnerait le renouveau démocratique pour lequel les Français se sont prononcés en 2017. Elle serait le symbole d'une Assemblée nationale moderne, en prise avec son temps et emblématique de notre société." Lundi, lors du vote interne pour désigner le ou la candidat(e) LREM, ce proche de Nicolas Hulot se prononcera donc pour l'ex-EELV Barbara Pompili, qui lui "paraît particulièrement légitime".

Barbara Pompili est également le choix de l'ex-UDE François-Michel Lambert. "Ses compétences, son expérience, son engagement sont le symbole de ce nouveau monde féminisé intégrant l'écologie au cœur de son action et renforcerait notre majorité", a jugé ce dernier sur Twitter.

L'opposition milite pour une femme. Dans l'opposition aussi, on réclame un Perchoir féminin. "Une femme parmi les quatre premiers personnages de l'Etat ! Il est temps", a écrit Jean-Luc Mélenchon sur Twitter. Son groupe d'Insoumis présente d'ailleurs une candidate, Mathilde Panot, députée du Val-de-Marne. Chez Les Républicains aussi, c'est une femme qui tente sa chance : Annie Genevard, vice-présidente du groupe et secrétaire générale du parti, adoubée par le chef de file des députés Christian Jacob.

Arguments. Aucune candidate, néanmoins, ne songe à mettre en avant son genre pour se donner l'avantage. "Je ne me dis pas qu'il faut une femme", souligne Annie Genevard dans Le Figaro. "Je dis qu'il faut quelqu'un d'expérience qui ait une vision claire de ce qu'elle veut faire." Même son de cloche du côté de Cendra Motin. Dans une interview au JDD, celle-ci mise aussi sur sa "vision" de que devrait être l'Assemblée nationale, "la façon dont j'aimerais qu'elle représente jusqu'au bout le choix qu'ont fait les Français l'année dernière en nous élisant, à savoir celui d'un renouveau, d'une façon différente de faire de la politique". "Élire une femme est certes un symbole fort, mais je porte aussi de nombreux messages", confirme de son côté Barbara Pompili. Pas question pour elles, donc, de ne s'imposer face aux hommes que parce qu'elles n'en sont pas.