Municipales : les réseaux sociaux ont-ils exacerbé la violence de la campagne ?

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Pendant la campagne, Facebook a cherché à lutter contre les campagnes de dénigrement contre certains candidats. (Photo d'illustration) 1:47
Pendant la campagne, Facebook a cherché à lutter contre les campagnes de dénigrement contre certains candidats. (Photo d'illustration) © Pixabay
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Faute de campagne sur le terrain à cause du coronavirus, les candidats aux municipales se sont rabattus sur les réseaux sociaux. Mais les faux comptes, fake news et autres insultes se sont joints à la bataille.  

Faux comptes, fake news, insultes... À quelques heures de la fin de cette campagne des municipales 2020 si particulière, l'heure est au bilan. Privés de tractage sur les marchés et de porte-à-porte, c'est sur les réseaux sociaux que c'est fait pour de nombreux candidats le gros du travail. Mais le ring traditionnel de la politique n'a rien à envier à la jungle d'internet, où sous couvert de pseudo-anonymat, tous les coups sont permis. 

51 faux comptes à Sète, un post homophobe à Toulouse

Cela c'est notamment vu à Sète, dans l'Hérault, où Facebook a dû intervenir pour fermé 51 faux comptes. Et le réseaux social n'est pas le seul puisqu'Instagram, qui appartient au même groupe, a fait fermer "neuf pages et neuf comptes dans la région", rapporte Franceinfo. Des chiffres qui ne prennent pas en compte les vrais comptes qui se sont livrés à des véritables campagnes de dénigrement avec des contenus haineux, ou des fake news, le tout en se faisant passer pour des médias locaux. 

Autre exemple à Toulouse, où un collaborateur de la majorité municipale de centre-droit de Toulouse a été mis à pied pour avoir publié dans la nuit de jeudi à vendredi sur Facebook des propos à caractère homophobe visant le candidat écologiste à la mairie. 

Une violence plus présente, ou plus visible ? 

Mais doit-on en déduire que les réseaux sociaux ont transformé la campagne en champ de bataille ? Pas forcément selon Fabienne Greffet, spécialiste sur ces questions à l'université de Lorraine, qui pointe le rôle du contexte sanitaire du coronavirus : "Le fait que la campagne se soit déplacée vers les réseaux sociaux va produire une capacité pour des groupes hostiles à réagir plus, et d'être beaucoup plus visibles." Une minorité bruyante qui prend donc le pas sur une majorité silencieuse, le phénomène est loin d'être nouveau sur les réseaux sociaux ou les sites de partage de vidéos comme Youtube. 

Facebook combat la dérive

Néanmoins, cela reste une dérive que Facebook assure combattre pour "protéger l'intégrité des élections" en supprimant ces faux comptes et autres fake news, ou encore en diminuant la visibilité des publications incriminées. Le réseau social mène aussi ses propres enquêtes en se basant sur les signalements des utilisateurs, ou en étudiant leur comportement. Notamment lorsqu'un nouvel utilisateur se comporte à l'opposé de ce que ferait un novice, en postant immédiatement des dizaines de messages.

Europe 1
Par Jean-Sébastien Soldaïni, édité par Ugo Pascolo avec AFP