Macron entame son périple est-africain, de Djibouti aux églises d'Ethiopie

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Emmanuel Macron est arrivé lundi soir à Djibouti, où il a été accueilli par le président Ismaïl Omar Guelleh.
Emmanuel Macron est arrivé lundi soir à Djibouti, où il a été accueilli par le président Ismaïl Omar Guelleh. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
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Mardi, le président de la République Emmanuel Macron débute sa tournée en Afrique de l'est : il sera à Djibouti avant de se rendre en Ethiopie et au Kenya. 

Arrivé lundi soir, Emmanuel Macron démarre mardi son périple en Afrique de l'est sur la base militaire française de Djibouti, avant de gagner le site des églises enterrées de Lalibela, en Ethiopie, joyau menacé du patrimoine mondial que la France veut aider à préserver.

Conserver l'influence de la France à Djibouti. A Djibouti, où il s'entretient mardi matin avec le président Ismaïl Omar Guelleh, il devrait s'exprimer sur la décision du président algérien Abdelaziz Bouteflika de renoncer à un cinquième mandat. Il s'est abstenu lundi soir de tout commentaire sur le sujet. Le chef de l'Etat rencontrera ensuite le commandant de la base de Djibouti, la plus importante base française à l'étranger. La France cherche a garder son influence dans cette région stratégique, qui suscite les convoitises des grandes puissances, notamment de la Chine, qui y a ouvert en 2017 sa première base à l'étranger.

Protéger des églises datant du 13ème siècle. A la mi-journée, le chef de l'Etat s'envolera pour Lalibela, à 680 km au nord de la capitale éthiopienne Addis Abeba, site de célèbres églises rupestres du 13ème siècle, classées au patrimoine mondial de l'Unesco. Comme il l'a promis au Premier ministre éthiopien qu'il a reçu en octobre, Emmanuel Macron devrait annoncer un accord franco-éthiopien sur un nouveau système de protection de ces monuments menacés par l'érosion. Un modèle de la diplomatie culturelle que veut mener la France.

Les archéologues français, présents en Ethiopie depuis les années 50, font partie des meilleurs spécialistes mondiaux de ce patrimoine emblématique des Chrétiens d'Orient. En octobre, le Premier ministre Abiy Ahmed avait demandé l'aide de Paris pour remplacer les actuelles toitures qui protègent les églises, taillées dans une roche fragile qui se désagrège sous la pluie. Car la population manifeste régulièrement contre les "parapluies" installés par l'Unesco et l'Union européenne en 2008 au dessus de 5 églises, des voiles reposant sur des piliers massifs battus par les vents. Les Éthiopiens craignent de voir les piliers s'effondrer sur les monuments.

"Une task force avec les responsables éthiopiens". "La France s'est engagée à travailler à Lalibela pour les années à venir", explique Marie-Laure Derat, directrice de recherche au CNRS et spécialiste du site. "Nous avons mis en place une task force avec les responsables éthiopiens, pour que le projet soit concerté avec eux dès le départ. Les interventions de l'UE et de l'Unesco ont été mal perçues, faute de concertation avec les responsables locaux".

Les Ethiopiens ont accueilli avec espoir l'annonce de l'engagement de la France. Le président français doit conclure sa journée par un dîner d'Etat à Addis Abeba, dans un pays endeuillé par le crash dimanche d'un Boeing d'Ethiopian Airlinesqui a fait 157 morts, dont 9 Français. 

Le Kenya, dernière étape du voyage. Mercredi matin, il rencontrera les dirigeants de l'Union africaine puis il se rendra au Kenya, dernière étape de son voyage, où il restera jusque jeudi. Il y assistera au sommet pour le Climat One Planet Summit et signera avec les dirigeants kényans des contrats d'un total de 3 milliards d'euros.