Macron déplore que les nationalistes n'expriment pas de "regrets" sur Érignac

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Emmanuel Macron a demandé aux nationalistes d'exprimer des regrets sur la mort du préfet Érignac.
Emmanuel Macron a demandé aux nationalistes d'exprimer des regrets sur la mort du préfet Érignac. © Ludovic MARIN / AFP
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Le chef de l'État participait jeudi en Corse à la dernière étape sous haute protection de son tour de France dans le cadre du "grand débat national".

Emmanuel Macron a déploré jeudi à Cozzano, en Corse-du-Sud, ne pas avoir entendu de "regrets" sur l'assassinat du préfet Érignac en 1998 de la part des nationalistes. Selon le chef de l'État, ils risquent de faire "bégayer l'histoire", affirmant que "les Corses méritent mieux que des guerres de tranchées".

Il répondait au maire LREM de Bonifacio Jean-Charles Orsucci qui l'avait enjoint à "trouver les mots de paix" et à rétablir le dialogue entre la Corse et l'État. Sinon, "il n'y aura pas de statu quo, Monsieur le président. Nous irons vers des jours noirs", avait-il lancé lors de cet ultime déplacement du chef de l'État dans le cadre du grand débat.

Macron "assume" d'avoir rendu hommage à Érignac

"Ne réveillons pas la violence", a lancé solennellement le chef de l'État devant quelque 160 élus corses lors d'un débat sous haute surveillance dans le village de Cozzano, boycotté par les nationalistes qui l'avaient "invité" mercredi à venir devant l'Assemblée de Corse. "Je ne réponds pas en tant que président de la République à la convocation devant une assemblée territoriale ou alors c'est une perte de repères profonde", a-t-il tranché. Pour lui, "les Corses méritent mieux que des guerres de tranchées ou de position", a-t-il estimé.

"J'assume totalement" d'être venu en février 2018 rendre hommage au préfet Érignac assassiné vingt ans plus tôt, en 1998, affirmant "ne pas avoir entendu les mêmes regrets" sur ce crime. Et pour lui "ceux qui veulent aujourd'hui défendre l'identité corse, doivent aussi faire ce travail mémoriel et savoir dire les choses. Autant la page a été tournée sur Aléria, autant je n'ai pas entendu les mêmes regrets sur l'assassinat du préfet Érignac". "Tant que certains n'auront pas le courage de dire 'C'est une plaie, notre cicatrice et la souffrance de famille Érignac est aussi la nôtre', ils feront bégayer l'Histoire", a-t-il lancé sous des applaudissements.