Lutte contre l’islamisme : les limites juridiques des mesures décidées par le gouvernement

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Darmanin 1:20
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin. © LUDOVIC MARIN / POOL / AFP
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Après l’assassinat du professeur Samuel Paty à Conflans-Sainte-Honorine, l’exécutif a martelé qu’il était déterminé à lutter contre l’islamisme. Mais après la fermeté affichée, certains au gouvernement craignent un résultat mitigé. 
ANALYSE

Comment lutter contre l’islamisme ? Après l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire décapité après avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves, l’exécutif veut passer à l’action. Avec des arrestations, des perquisitions et des dissolutions d’associations, Gérald Darmanin veut "terroriser les terroristes". Mais il doit le faire dans le respect de l’Etat de droit. Et ce n’est pas si simple.

Les expulsions ordonnées par Gérald Darmanin prennent du temps

Les personnes actuellement en garde à vue ne peuvent y rester plus de cinq jours, certaines sont d’ailleurs déjà sorties sans que la justice ne retiennent rien contre elles. Quant aux 231 expulsions d’islamistes ordonnées par le ministre de l’Intérieur samedi, elles prennent du temps, car il faut l’accord du pays de naissance.

Gérald Darmanin, qui prévoyait de se rendre le week-end prochain en Algérie pour obtenir l'accord d'expulsions de ressortissants algériens, a finalement vu son déplacement être reporté par les autorités. Raison officielle : "La campagne référendaire pour la révision de la constitution algérienne".

Les associations menacées de dissolution vont se battre

Du côté des premières perquisitions, elles sont jugées plutôt décevantes car beaucoup d’islamistes s’y étaient préparés depuis longtemps. Et puis, les associations menacées de dissolution, l’ont fait savoir : elles vont se battre sur le terrain du droit, convaincues de gagner. Enfin, les dirigeants de la mosquée de Pantin - que l’Etat va fermer - va se battre en déposant des recours. Un préfet résume le problème : "Les islamistes utilisent la démocratie et l’état de droit pour tuer la France et la République".

Après le conseil de défense de dimanche soir, Emmanuel Macron l’affirmait : "Les islamistes ne dormiront plus tranquilles en France". Sauf que depuis mercredi matin, la garde à vue du président de l’ONG Ummah Charity est levée.

Europe 1
Par Louis de Raguenel édité par Léa Leostic