Messages de haine, sécurité scolaire : le Conseil de défense présidé par Macron décide des actions "concrètes"

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Emmanuel Macron vendredi à Conflans-Sainte-Honorine après l'assassinat de Samuel Paty.
Emmanuel Macron vendredi à Conflans-Sainte-Honorine après l'assassinat de Samuel Paty. © AFP
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Le Conseil de défense présidé dimanche soir par Emmanuel Macron a décidé de renforcer la sécurité des établissements scolaires à la rentrée et de mener des "actions concrètes" rapides contre les associations ou individus auteurs de messages de haine

Le Conseil de défense présidé par Emmanuel Macron dimanche a décidé de renforcer la sécurité des établissements scolaires à la rentrée et de mener des "actions concrètes" rapides contre la propagande islamiste radicale en ligne, a indiqué l'Elysée. Le chef de l'Etat "a demandé qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain", a ajouté l'Elysée, à l'issue de cette réunion de 2h30 avec six ministres et le procureur anti-terroriste Jean-François Ricard.

"Un plan d'action mis en œuvre dès le courant de la semaine"

Le Conseil a prévu le renforcement de la sécurité des établissements scolaires et de leur environnement pour la rentrée du 2 novembre, avec des mesures devant être arrêtées d'ici quinze jours. Les ministres de l'Intérieur et de la Justice, Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ont ensuite présenté "un plan d'action qui va se mettre en œuvre dès le courant de la semaine et donnera lieu à des actions concrètes contre les structures, associations ou personnes proches des milieux radicalisés", qui propagent des appels à la haine pouvant encourager les attentats, a précisé la présidence.

Une liste d'associations feront l'objet de "mesures appropriées" 

Une liste d'associations feront l'objet de "mesures appropriées" après contrôles, en attendant le projet de loi contre l'islam radical qui doit étendre les motifs de dissolution d'associations. L'Elysée n'a pas précisé si le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), l'un des mouvements dans le viseur des services de renseignement, en faisait partie.

Le projet de loi sur le séparatisme enrichi ?

Le président de la République a par ailleurs demandé aux ministres de la Justice, de l'Intérieur et de l'Education de réfléchir à des mesures qui pourraient "enrichir ou améliorer" ou encore "parachever" le projet de loi, qui doit toujours être présenté le 9 décembre après avoir été envoyé dans une quinzaine de jours au Conseil d'Etat. "Nous ne sommes pas dans l'ajout, la surcharge ou l'émotion mais dans un travail de fond", s'est défendu le chef de l'Etat, mais quand survient un tel événement il est nécessaire de faire un "retour d'expérience" pour identifier ce qui peut être amélioré, selon ses propos rapportés par l'Elysée.

Emmanuel Macron a aussi "voulu vérifier que la remontée d'information" sur les incidents en milieu scolaire "était bien organisée" au sein de l'Education nationale et avait bien eu lieu pour l'enseignant de Conflans.

80 messages de soutien à l'action de l'agresseur identifiés

Le conseil a également décidé d'agir immédiatement contre ceux qui ont soutenu l'attentat sur les réseaux sociaux. "Depuis vendredi Pharos (la plateforme de signalement) a identifié 80 messages qui soutiennent l'action de l'agresseur. Ils donneront lieu dès demain (lundi) à des procédures diligentées par la police ou la gendarmerie", comme des convocations ou des perquisitions à domicile, selon l'Elysée. Le renforcement de la plateforme est à l'étude, a ajouté la présidence. Marlène Schiappa, ministre déléguée à la Citoyenneté, se rendra sur le site de Pharos lundi.

L'Elysée a aussi promis la mise en place d'un "contre-discours" aux propos inexacts ou la propagande radicalisée, en citant l'exemple du discours d'Emmanuel Macron aux Mureaux qui a été "dévoyé" dans certains pays pour le présenter comme une "croisade anti-musulmans". Le chef de l'Etat "a demandé qu'on passe rapidement à l'action et qu'on ne laisse aucun répit à ceux qui s'organisent pour s'opposer à l'ordre républicain", a ajouté l'Elysée, à l'issue de cette réunion de 2h30 avec six ministres et le procureur anti-terroriste Jean-François Ricard.