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Le Pen, Retailleau, Attal... Que proposent les principaux candidats à la présidentielle pour les retraites ?

[Telmo Pinto / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Au lendemain de la présentation par Edouard Philippe de son projet pour les retraites, les réactions des autres candidats à l'élection présidentielle de 2027 vont bon train sur le sujet. L'occasion de passer en revue les propositions des principaux prétendants à l'Elysée. 

2027 ne dérogera pas à la règle. Comme à chaque élection, la question des retraites promet des discussions houleuses entre les différents candidats à la présidentielle. Pour certains, le projet est encore en gestation tandis que pour d'autres, la question est déjà tranchée. Tour d'horizon des propositions formulées jusqu'à présent par les principaux prétendants à l'Élysée.

Marine Le Pen 

Le 27 août dernier, lors de la rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef à Roland-Garros, la candidate du Rassemblement national a tranché. Marine Le Pen propose ainsi un âge de départ fixé à 62 ans, voire 60 ans pour ceux qui auraient occupé "un premier emploi significatif" avant l'âge de 20 ans. Ces derniers pourront bénéficier d'une retraite à taux plein moyennant 40 annuités, contre 42 pour tous les autres. La réforme des retraites portée par Elisabeth Borne et suspendue depuis proposait d'allonger cette durée de cotisation à 43 ans. 

Edouard Philippe

Le candidat Horizons à l'élection présidentielle a dévoilé ce mardi les contours de son projet pour les retraites. L'ancien Premier ministre propose un âge de départ fixé à 65 ans et une durée de cotisation de 45 ans. Edouard Philippe assure toutefois qu'un certain nombre de Français ne seraient pas concernés par ce seuil des 65 ans en fonction de la pénibilité des métiers exercés. Quant à ceux qui atteindraient l'âge de 65 ans sans avoir cotisé pendant 45 ans, ils pourront continuer de travailler jusqu'à 67 ans - âge maximal de départ à la retraite - pour bénéficier d'une retraite à taux plein, exactement comme aujourd'hui. 

Bruno Retailleau

Le patron des Républicains est lui favorable à un âge de départ minimum de 63 ans avec un seuil fixé à 65 ans pour un départ à taux plein (et non 67 ans) qui pourra néanmoins évoluer si l'espérance de vie devait augmenter. Les personnes ayant entamé leur carrière jeune devront elles aussi atteindre 63 ans pour bénéficier d'une retraite complète. Avec toutefois une exonération des cotisations "retraites et chômage" et donc un meilleur salaire net. Tous ceux ayant exercé des métiers pénibles ou les personnes en situation de handicap pourront partir à la retraite avant 63 ans. 

Eric Zemmour

Candidat Reconquête à l'élection présidentielle pour la deuxième fois, Eric Zemmour entend marquer sa différence avec le Rassemblement national sur le sujet. Pour lui, l'âge de départ doit être relevé à "64, voire 65 ans" progressivement jusqu'en 2030. L'ancien journaliste a par ailleurs estimé en septembre sur BFMTV qu'en raison de la baisse de la natalité, le système actuel par répartition est "mort et condamné". Il suggère également d'aligner les différents régimes entre le public et le privé sans toucher aux régimes spéciaux. 

Gabriel Attal

Lui aussi ex-Premier ministre d'Emmanuel Macron, il formule une proposition différente de celle d'Edouard Philippe. "Je ne crois pas que l'âge légal permette encore de piloter notre système", a-t-il ainsi déclaré sur Europe 1 et CNews ce mercredi matin. L'ancien ministre de l'Education prône, de son côté, un calcul exclusivement basé sur la durée de cotisation avec "une vraie décote" pour ceux qui partent tôt et "une vraie surcote" pour ceux qui partent plus tard. L'objectif étant d'introduire une "vraie part de capitalisation dans notre système de retraite".

Raphaël Glucksmann

Engagé dans la primaire du PS, le candidat Place Publique a vivement réagi ce mercredi matin sur RMC à la proposition d'Edouard Philippe qu'il considère "injuste" et "inacceptable". Lui au contraire souhaite que certains puissent partir à la retraite à 60 ans mais n'a pas encore dévoilé l'ensemble de la réforme qu'il proposera aux Français. Raphaël Glucksmann affirme en revanche vouloir l'abrogation de la réforme Borne votée en 2023 et actuellement suspendue. 

Olivier Faure

Il est celui qui avait justement obtenu la suspension de ladite réforme il y a un an. Lui aussi engagé dans la primaire, le leader du parti à la rose veut ramener l'âge de départ à la retraite à 62 ans, comme il l'indique dans son livre La loi du plus juste (Robert Laffont). Il évoque également une durée de cotisation de 43 ans aménageable selon la pénibilité du métier exercé. 

Marine Tondelier

La cheffe de file des écologiste est elle aussi favorable à l'abrogation pure et simple de la réforme Borne. Pour tous ceux ayant exercé un métier pénible, elle prône un départ à la retraite à 60 ans et le retour aux 62 ans pour les cas généraux. Un revirement qu'elle financerait via une partie des exonérations de cotisations accordées aux entreprises sur lesquelles elle souhaite revenir.  

Jean-Luc Mélenchon

Il n'a pas fait évoluer d'un iota sa proposition. Pour le leader de La France insoumise, la retraite c'est 60 ans et 40 annuités. Avec toutefois la possibilité de travailler au-delà de ce seuil. Un salarié n'ayant pas cotisé pendant 40 ans pourrait tout de même partir à la retraite à 60 ans mais avec une pension calculée au prorata des cotisations.