Un jeune homme a été interpellé après la violente agression en pleine rue samedi du rabbin d'Orléans, qui a choqué la communauté juive et entraîné une vague de condamnations, avec une manifestation de soutien qui s'est tenue dimanche soir à Paris.
Samedi vers 13h30, le rabbin Arié Engelberg rentrait chez lui accompagné de son fils de neuf ans quand il a été agressé. Son agresseur lui a demandé s'il était juif. "J'ai répondu oui", a dit Arié Engelberg. "Il a commencé à dire 'tous les Juifs sont des fils de...'", a poursuivi le rabbin, qui a raconté que son agresseur voulait le filmer avec son téléphone et l'insultait. "J'ai décidé d'agir et j'ai poussé son téléphone", l'agresseur "a porté des coups, je me suis protégé", a raconté le rabbin. Le suspect l'a ensuite mordu, a encore décrit Arié Engelberg, qui a été secouru par plusieurs personnes.
"Les juifs ne sont pas agressés au hasard"
Interrogé sur ce sujet, Manuel Valls, ministre des Outre-mer, invité de La Grande interview Europe 1-CNews lundi, a estimé que "la haine de la France s'exprimait aussi par la haine des Juifs".
"J'ai trouvé le rabbin très digne et très reconnaissant à l'égard de ceux qui l'ont soutenu [...] Les juifs ne sont pas agressés au hasard et d'ailleurs ces actes antisémites résonnent d'une manière différemment de ceux qu'on a pu connaître au moment de l'affaire Dreyfus ou dans les années 20 et 30. Le juif n'est pas perçu, dans ces attaques, comme un étranger comme c'était le cas il y a un siècle ou quelques dizaines d'années. C'est l'idée même, au fond, de la République, de la nation et de la France qu'on vise à travers l'agression des Juifs", a-t-il étayé.
D'après le ministre des Outre-mer, à travers ces actes antisémites, "on cherche à détruire la France". "En attaquant les Juifs, on veut détruire ce qu'est la France, une histoire, sa nation, sa culture, les valeurs de la République", a-t-il ajouté.
L'adolescent soupçonné de l'agression, âgé de 16 ans et inconnu des services de renseignement, a été interpellé samedi vers 21h45 et placé en garde à vue.