Erdogan complice de Daech ? "Oui, et c'est un assassin", affirme Jean-Christophe Lagarde

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Le président de l’UDI a dénoncé avec force, mardi sur Europe 1, les agissements du président turc, qui a décidé d’une offensive contre les Kurdes au nord de la Syrie. Il dénonce une "annexion" et rappelle "le jeu trouble" d’Erdogan avec Daech.  
INTERVIEW

Avant France-Turquie, lundi soir au Stade de France, Jean-Christophe Lagarde était de ceux qui réclamait que le match soit annulé en raison de l’offensive menée par la Turquie contre les Kurdes au nord de la Syrie. Après le match, à l’issue duquel les joueurs turcs ont effectué un salut militaire, la colère du président de l’UDI n’est pas retombée. Il réclame des sanctions et dénonce avec force l’attitude du président Recep Tayyip Erdogan. "C’est un assassin", lance-t-il avec force, mardi matin sur Europe 1.

Pourtant, les Trucs sont historiquement les alliés des Français, de par leur appartenance à l’Otan. "Ils sont formellement nos alliés, mais il faut se souvenir qu'Erdogan a joué avec Daech un jeu très trouble pendant des années où il laissait par exemple le pétrole de Daech circuler à travers la Syrie et a permis le financement de Daech", rappelle Jean-Christophe Lagarde. "On se souvient des images de la ville de Kobané où les Kurdes étaient en train d’essayer de résister à Daech à quelques dizaines de mètres de la frontière turque et où les canons turcs regardaient les Kurdes se faire massacrer sans réagir. Ils sont beaucoup plus prompts aujourd’hui à massacrer des populations civiles qui sont proches de nous."

"Il pousse même ces malheureux Kurdes à s’allier avec Bachar el-Assad"

Le président américain en prend lui aussi pour son grade. "Et tout ça parce que Trump n’en est plus à une dinguerie près ! C’est lui qui a retiré les troupes américaines qui protégeaient les Kurdes jusqu’à présent des envies de M. Erdogan. "Et tout ça créé une situation parfaitement indigne et dangereuse", s’énerve-t-il. "Dangereuse parce qu’on est en train de voir filer des partisans de Daech que les kurdes étaient seuls à retenir prisonnier. Dangereuse parce que demain quand il y aura une guerre à faire, qui pourra être allié avec les Américains avec les Occidentaux ? Avoir plus de 10.00 morts pour combattre Daech, c’est ça les Kurdes aujourd’hui. Eh bien on n’hésite pas pour autant à les laisser tomber, à les abandonner."

Selon Jean-Christophe Lagarde, la Turquie et son président violent purement et simplement le droit international. "De quel droit, aujourd’hui, envahit-il la Syrie ? De quel droit pousse-t-il ses chars, ses avions, dans un territoire sur lequel il n’a aucun droit ? La Turquie n’a pas été agressée, la Turquie n’était pas en danger. C’est purement et simplement l’annexion d’une partie de la Syrie qui est en cours", dénonce le député de Seine-Saint-Denis. "Il pousse même ces malheureux Kurdes à s’allier avec Bachar el-Assad qui lui-même d’ailleurs, une fois le danger turc écarté, n’hésitera pas à massacrer ces populations."