"Gilets jaunes" : remplacement du préfet de police, interdictions de manifester… Les principales mesures du gouvernement après "l’acte 18"

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Édouard Philippe a fait ses annonces aux côtés de Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, et Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur.
Édouard Philippe a fait ses annonces aux côtés de Nicole Belloubet, Garde des Sceaux, et Christophe Castaner, ministre de l'Intérieur. © Bertrand GUAY/AFP
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Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé une série de mesures en réponses aux violences de "l’acte 18" des "gilets jaunes", dont le remplacement du préfet de police Michel Delpuech et l’interdiction de manifester dans plusieurs quartiers, dont les Champs-Élysées, en cas de présence d'"éléments ultras".
L'ESSENTIEL

Le gouvernement hausse le ton après les violences du week-end dernier. Le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé lundi une série de mesures pour répondre aux débordements qui ont émaillé "l’acte 18" des "gilets jaunes". L’exécutif a notamment décidé de remplacer le préfet de police de Paris Michel Delpuech, ou encore d'interdire les manifestations dans plusieurs quartiers de France, dont les Champs-Élysées à Paris, en cas de présence d'"éléments ultras".

Les principales infos à retenir :

  • Le préfet de police de Paris Michel Delpuech est remplacé par Didier Lallement
  • Les "gilets jaunes" n’auront pas le droit de manifester dans plusieurs quartiers, dont les Champs-Élysées, si des "éléments ultras" sont présents
  • La contravention pour participation à une manifestation interdite va être nettement augmentée 

Le préfet de police remplacé. Première conséquence du saccage des Champs-Elysées samedi dernier : le préfet de police de police Michel Delpuech va être remplacé dès mercredi. Le préfet de Nouvelle-Aquitaine, Didier Lallement, réputé pour avoir un caractère bien trempé, lui succédera. Michel Delpuech, 66 ans, était régulièrement donné partant depuis l'affaire Benalla et les polémiques à répétition sur la gestion de l'ordre public dans la capitale. 

Édouard Philippe a par ailleurs mis en cause "des consignes inappropriées pour réduire l'usage" des lanceurs de balle de défense (LBD) lors de "l'acte 18". Dans l'entourage du Premier ministre, on a souligné que la décision d'user avec modération des LBD n'était pas le fait du ministère de l'Intérieur.

Interdiction le cas échéant de manifester dans plusieurs quartiers, dont les Champs-Élysées. Les manifestations de "gilets jaunes" seront interdites dans plusieurs quartiers de France, dont les Champs-Élysées, en cas de présence "d'éléments ultras". Les quartiers situés à proximité de la place Pey-Berland à Bordeaux et de la place du Capitole à Toulouse, deux des bastions du mouvement, sont également concernés. 

"Nous interdirons les manifestations se revendiquant des 'gilets jaunes' dans les quartiers qui ont été les plus touchés dès lors que nous aurons connaissance de la présence d'éléments 'ultras' et de leur volonté de casser", a expliqué Édouard Philippe. 

Nette hausse de la contravention pour participation à une manifestation interdite. Le Premier ministre a annoncé par ailleurs l'augmentation "très nette" de la contravention pour participation à une manifestation interdite. Les amendes, actuellement de 38 euros, passeraient à 135 euros, selon Matignon.

Édouard Philippe a également indiqué avoir donné des instructions pour que les éventuels appels à la violence émanant de "personnalités" des "gilets jaunes" soient systématiquement signalées à la justice par le ministère de l'Intérieur. Dans le viseur du Premier ministre figurent des leaders des "gilets jaunes" comme Eric Drouet ou Maxime Nicolle, ont confirmé ses services.

Réorganisation des forces de l'ordre. Reprenant des revendications de longue date des syndicats policiers, Édouard Philippe a par ailleurs "demandé à ce que le maintien de l'ordre soit réorganisé en accordant une plus grande autonomie aux forces sur le terrain". Le Premier ministre a également annoncé le recours "à des moyens nouveaux, les drones, les produits marquants, l'utilisation des moyens vidéo à des fins de manœuvres et de judiciarisation".